La Fiancée en concert au Nouveau Casino (16 novembre 2009

Les lundis soirs de la rue Oberkampf sont plutôt calmes. Une fois n’est pas coutume, l’entrée du Nouveau Casino est relativement dégagée. La salle aussi. Pour une fois, on peut même commander au bar sans se bousculer. Il est 20h. Un public éclectique grossit lentement. Les lumières baissent. La musique de fond s’arrête. Sur la scène, elle apparaît, encadrée de deux musiciens. Une basse et une guitare électro-accoustique.

Avec sa petite tunique sage et sa coupe de page, La Fiancée porte bien son nom. Claire, de son prénom, aussi. Comme sa voix, mélodieuse, posée et ronde. Premiers accords. Elle égraine des balades aux textes qu’elle qualifie elle-même de “nouvelles musicales. Les chansons qui se succèdent nous racontent avec une mélancolie distanciée, des écorchures, dépits, frayeurs et déboires entre autres amoureux, qui pourraient tout aussi bien être les nôtres.

La Femme nue reste en tête, avec un texte fort, juste et moderne. Il ne manquerait plus qu’une petite touche de rock’n’roll s’en empare pour que ça décolle. Mais Claire semble préférer les mélopées pop aériennes et rétro. Ce qu’elle confirme avec une reprise de Bardot dont les inflexions légèrement traînantes et évocatrices n’ont rien à envier à celles, plus sirupeuses, de son aînée. Six titres se succèdent en une rapide demi-heure dont un duo avec le guitariste. Et puis ça sera au tour de Newton Faulkner, dont La Fiancée aura fait la première partie.

La Fiancée

En dépit de qualités musicales évidentes, on ne pourrait cependant s’empêcher de trouver que les textes, finement ciselés, finissent par manquer d’âme. La musique qui les accompagne nous les sert sur un plateau, comme une évidence. Dommage. On aurait peut-être aimé quelque chose de moins lisse, moins précieux, plus généreux ? L’émotion reste à la lisière, comme interdite de concert, et l’on ne peut s’empêcher de se sentir un peu frustré de cette froideur éthérée.

Manque de relief volontaire ou défaut d’interprétation général ? En tout cas, cela ne paraît pas entamer la course au succès de La Fiancée. Florent Marchet lui déroule le tapis rouge et l’accompagne au piano lors d’un concert aux Trois Baudets. Durant le festival des Inrocks 2009, entre Violens et Bad Lieutenant, le groupe surprend le public de l’Olympia en le prenant à revers. La Fiancée semble se tailler une belle place au firmament des nouveaux talents pop français de cette fin d¹année.

Même si elle se revendique de Bob Dylan, Crosby, Stills, Nash & Young ou encore Cat Stevens, Claire pourrait tout aussi bien marcher sur les pas d’un Jean-Louis Murat croisé avec Valérie Leulliot. Son EP de 4 titres, L’Emploi du moi, sorti en septembre, est disponible à la Galerie du Jour Agnès b., chez Les Boutiques Sonores, Aime Cube, Le Silence de la Rue, au Palais de Tokyo, chez Sol y Flor et Artazart.
A vous de juger…

http://www.myspace.com/lafiancee

A propos de Marion Oddon

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