Editors – In This Light and On This Evening

Changement de cap pour les anglais, après deux albums aux guitares aériennes, aux refrains endiablés, à un rock à formation plutôt classique (comprendre chant-guitare-basse-batterie), les Editors ont décidé de tout faire pour étonner l’auditeur et ne pas se répéter. D’entrée de jeu les machines font donc leur apparition. Sourdes, lourdes, implacables, mécaniques, le rock d’Editors effectue sa mue allant crânement balances ses beats sombres et venimeux vers les sommets qu’avaient atteints New Order auparavant. Certes les temps ont changés, les boites à rythmes n’ont plus la fausse candeur d’antan, le ton général est à un retour à la cold-wave version 21ème siècle et on n’est pas prêt de s’en plaindre, au final !

Démarré par le sourd titre éponyme, la voix de Tom Smith est trois octaves en dessous de sa moyenne et détonne d’entrée de jeu. Un peu plus loin pourtant, notamment sur l’imparable single "Papillon", on retrouve les accents si mélodiques qui avaient fait, entre autres, la puissance de jeu du groupe. Dans les titres à consonance plus chaloupée, on notera la présence du très émouvant "The Boxer", noirceur et romantisme de rigueur. On devra, une nouvelle fois taxer le groupe de se laisser un peu aller sur la fin de l’album, notamment sur le lacrymal "Walk the Fleet Road", comme si l’essentiel était dit dans les six premiers titres…

Sur l’édition vendue comme limitée, cinq titres supplémentaires sont à l’honneur sur un deuxième disque intitulé Cutting II. A l’exception du pénible "I Want A Forest" digne enfant bâtard issu du croisement des BO de Gladiator jouée par un Giorgio Moroder peu inspiré, les trois derniers titres assurent plutôt bien, notamment le plombé "A Life As A Ghost".

Reste que la comparaison avec Joy Division / New Order qu’Editors semble fuir ne se fait que plus prégnante avec cet appel aux machines. Et encore une fois, soit l’on succombe à la voix du commandeur en chef et à son pop-rock envoûtant (et parfois un peu pompier), soit on se tire ; ce troisième album et ce virage électronique ne changera rien à la donne pour les détracteurs du groupe !

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