Dee Dee Warwick : death of a soul sister

A moins d’être footballeur brésilien circa 1958-1962 ou chanteuse de jazz afro-américaine francophile, pas évident de faire carrière affublé d’un patronyme aussi improbable que Dee Dee (ou Didi, c’est pareil).
Tenez, un exemple : Dee Dee Pfeiffer, vous connaissez ? Bon, ok, on triche un peu, son prénom s’orthographiant plutôt Dedee. Mais à part cachetonner dans quantité de séries tv (certaines excellentes, d’ailleurs, Dream on, Seinfeld, Friends…) ou faire la sœur (Personnel et confidentiel) ou la cousine (Frankie & Johnny) de son aînée Michelle, pas de quoi affoler les gazettes. Ni le fait d’être sorti avec George Clooney bien avant qu’il n’endosse la blouse du Dr Doug Ross et donc que le fait d’être vue à son bras vous assure la couv’ des tabloids.

Et Dee Dee Warwick ? Pas plus, probablement…
Elle aussi cadette d’une sœur bien plus prestigieuse, Dionne (et donc tout aussi tata de Whitney “I will alwaaaaays love youuuuuuouuuu” Houston), dont elle est restée dans l’ombre toute sa carrière durant, elle vient de nous quitter le 18 octobre dernier, dans une certaine indifférence, hélas.
Le cas des sœurs Warwick offre pourtant un cas d’école assez intéressant. A priori, Dee Dee ne souffrait pas de handicaps particuliers par rapport à Dionne (à part peut-être de venir après) : une très bonne technique de chant, une voix d’ailleurs assez proche, peut-être un peu moins expressive, une plastique physique au moins aussi avantageuse…

Alors pourquoi ne grimpa-t-elle jamais au-delà de la 41ème place des charts US, quand sa sœur connut deux n° 1 (inexplicablement pas pour ses chefs d’œuvre Walk on by, Do you know the way to San Jose ?, etc., mais pour des chansons bien plus tardives et médiocres !) ? A vrai dire, la réponse n’est pas si compliquée, elle tient en deux mots : Bacharach/David.
Là où Dionne eut la chance d’être repérée par ce duo Pygmalion (Burt Bacharach à la musique, Hal David aux paroles) qui sut en faire une star internationale à coups de compositions plus géniales les unes que les autres, Dee Dee dut se contenter d’auteurs et de producteurs bien plus ordinaires.

Une de ses chansons les plus intéressantes, avec un sens du tragique dans les arrangements pouvant rappeler quelques productions Bacharach/David, Another Lonely Saturday.

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