Pour donner une chance à cet album d’un groupe ayant fait fort avec son premier disque puis mou et plat avec le second il convient de zapper absolument les deux premiers morceaux proprement abominables. On a l’impression en écoutant ses deux titres que, dénué de la moindre once d’inspiration, le groupe décide de faire du bruit et du clinquant, du rock sarkozyste en un mot. Une catastrophe évidemment.

Fort heureusement Halo, la troisième chanson du disque, vient à la rescousse avec son rock basique, classiquement Bloc Partiste pourrait-on dire et ma foi plutôt agréable avant que le morceau suivant, Biko, magnifie le talent de ce groupe lorsqu’il est question de rock atmosphérique et de douceur moite.

Voilà tout résumé ce disque de Bloc Party, produit de l’année 2005 aujourd’hui presque up to date alors que les musiciens doivent à peine dépasser les 25 ans et le groupe les 5 ans d’âge. Gloire et déboires au pays du rock qui fait et défait les hype au fil de l’éphémère-rides. Ces quatre titres en tous les cas symbolisent au mieux la musique que ce groupe est capable de produire :

– Un certain talent pour ce qui est du rock “moderne”, enjoué et fort juste ce qu’il faut avec un Kéké (ou un Kélé c’est selon) au chant et sa voix singulière ou au moins très personnelle (un pléonasme oui partout sauf justement en musique !).
– Mais aussi une ridicule tendance par moment à vouloir se la jouer gros dur pour un résultat ridicule.
– Mais encore un grand talent pour l’introspection et les morceaux lents et visant l’attention d’un auditoire voyageant loin l’œil clos.

Un disque au final non dénué d’intérêt et de qualités même s’il faut pour l’apprécier faire avec une poignée (s’il n’y avait que les deux premiers titres…) de titres insipides et crispants tant ils visent le rebrousse-poil et l’esbroufe gratuite (l’esbroufe-poil?).

Bloc Party va sans doute subir de plein fouet le retour de manivelle avec ce disque, comme si le groupe était déjà has been ou dénué de toute inspiration (il faut dire que le renouvellement en Angleterre du côté des faiseurs de hype et de tendances n’a d’égal que celui des premières lignes russes lors de la Seconde guerre mondiale). Il faut tout de même écouter cet album qui, lorsqu’il ne pétarade pas plus haut que son b***p fait souvent très fort.

L’excellent “Ion Square” en fausse vidéo

A propos de Bruno Piszorowicz

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