Rétrospective des films de Namir Aderi au Centre Pompidou

Aux côtés d’Abbas Kiarostami, Forugh Farrokhzad, Daryush Mehrjui, Sohrab Shahid-Saless et bien d’autres encore, Amir Naderi incarne la modernité cinématographique iranienne qui voit, à l’aube des années 60, une génération d’hommes et de femmes de cinéma traduire leur engagement politique en radicalité artistique
Après Abbas Kiarostami avec qui Amir Naderi écrit le scénario d’Expérience, en 1973, et Jafar Panahi, le Centre Pompidou rend hommage à Amir Naderi, figure majeure du cinéma moderne iranien, pour la première fois en France, et donne à voir à travers plus de 20 films rares dont certains longtemps interdits, une vision de cette modernité.
Désormais basé à Los Angeles, le cinéaste boucle actuellement son 21ème film.
Il a grandi dans le Sud de l’Iran et filme depuis 1971.Son film Le Coureur, tourné en 1985, est un peu autobiographique, dixit Naderi. Comme lui le héros a grandi dans la rue. Il n’est jamais allé à l’école. Il a fait de nombreux petits boulots comme son héros, et cirer des chaussures pour pouvoir s’offrir des tickets de cinéma car il passait ses journées dans les salles. « Le cinéma est devenu ma seule maison ».
Après vingt ans de tournages en Iran, Naderi a vécu 17 ans à New York. Manhattan by Numbers marque cette transition, fiction à la lisière du documentaire et de l’expérimental, surtout un état des lieux du Downtown Manhattan, première partie d’une trilogie complétée par le beau ABC Manhattan, portrait de trois marginales ayant pour point commun de vivre à Alphabet City. Ce film, tourné en 1997, documente précieusement la fin d’une époque new yorkaise au moment de l’arrivée du nouveau maire Giuliani qui nettoya la ville, notamment tout le Lower East Side, héros des deux opus cités préalablement, démarrant une gentrification XXL de la ville. Avec la commande passée par Beaubourg au réalisateur –comme lors de chaque rétrospective- Amir Naderi nous livre un touchant témoignage visuel de son petit musée de Downtown Manhattan dont il a été expulsé brutalement par des promoteurs immobiliers sans scrupule et dont il a gardé une trace filmique qu’il nous livre aujourd’hui. Puis, Naderi s’est basé au Japon, Los Angeles, Paris… Comme le petit coureur qui veut tellement pouvoir s’envoler, j’ai quitté mon pays bien-aimé et je suis parti en quête de nouvelles expériences…

Vingt films à découvrir jusqu’au 17 juin, sachant que la plupart sont inédits en France.
Teaser : https://www.youtube.com/watch?v=sL1-IUwvE0E

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