Ressortie, le 8 avril, de “L’Homme qui venait d’ailleurs” – de Nicolas Roeg, avec David Bowie.

Bowie Is… The Man Who Fell To Earth… et ce fut son premier vrai grand rôle au cinéma. Le film ressort sur les écrans le 8 avril. Il date de 1975/76. Le metteur en scène en est Nicolas Roeg, peu connu du grand public, mais très apprécié par beaucoup de ceux qui le connaissent, par moult cinéphiles… notamment pour son travail sur les « anachronies narratives ». Il faut citer Performance une coréalisation de 1970, avec Mick Jagger comme acteur principal – ou encore et surtout Enquête sur une passion (Bad Timing, 1980).
Bowie est, à l’époque, en pleine mutation : il
conserve quelques stigmates de sa période glam – les cheveux oranges -, mais a revêtu le costume du dandy décadent – entre le Halloween Jack de Diamond Dogs et le Thin White Duke de Station to Station. Et puis Bowie est très à l’ouest, il est littéralement ailleurs. Fortement dépendant à la cocaïne, amaigri et pâli par son mode de vie et ses idées lypémaniaques du moment. Sa silhouette, son aura, son mal séduisent Roeg qui le voit très bien incarner l’extra-terrestre Thomas Jerome Newton prenant à son corps défendant racine sur Terre pour tenter de sauver sa planète d’origine qui s’assèche tragiquement.
Bowie qui a toujours allié musique et image, qui rêve
depuis longtemps de se faire un chemin dans le monde du septième art, se jette à corps perdu dans l’aventure. Et il est proprement sidérant. Pour certains, il fait là sa meilleure prestation d’acteur de toute sa carrière – avec celle qui lui permet de camper Jack Celliers dans Furyo (Merry Christmas Mister Lawrence, 1983) de Nagisa Oshima.
Le rôle lui va comme un gant blanc. Bowie a affirmé avoir été pleinement lui-même dans ce film. Vrai ? Oui et non. Car David Bowie n’est pas David Robert Jones, et Bowie

La science fiction de L’Homme qui valait d’ailleurs n’impressionnera pas un déluge d’effets spéciaux, car elle appartient au domaine de la métaphore. Elle regorge de moments de grande poésie, baigne dans un climat d’une étrangeté encore fascinante 40 ans après. C’est une œuvre ayant pour référence majeure l’Icare de la mythologie grecque, et qui traite de sujets profonds sans en avoir l’air : la mondialisation économique et ses enjeux et répercussions politiques, la corruption humaine à entendre d’un point de vue quasi métaphysique -, la Mélancolie.

Culturopoing est partenaire de Tamasa Diffusion pour la ressortie de L’Homme qui venait d’ailleurs.
Bientôt un article de fond consacré au film, sur ce site.


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