Concours Wild Side /Culturopoing – des dvds et des blu-ray de GRAVE à gagner !

Dans la famille de Justine, tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée, sur le point d’intégrer l’école vétérinaire où sa sœur aînée est aussi élève.
Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

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Ce conte morbide autour de l’animalité et du passage à l’âge adulte n’usurpe sa réputation acquise au fil des festivals – en commençant par Cannes où il fit sensation. Pour son premier long métrage, Julia Ducournau traite son sujet avec un aplomb estomaquant, non pas dans la complaisance, mais dans une forme de logique implacable. A travers le destin de Justine, son héroïne végétarienne traumatisée saisie de pulsions cannibales, Grave s’affirme comme l’un des plus beaux films vus depuis Cat People sur le tiraillement entre son humanité et son animalité, entre l’âme et le corps et la lutte contre la chose tapie au fond de soi. Julie Ducournau aborde avec un sens aigu de la métaphore combien le déterminisme social et sexuel et les entités collectives étouffent les individus et combien l’héritage familial peut plus ressembler à une maladie qu’à un don.

Si Grave est si bouleversant et perturbant au-delà de son aspect horrifique, c’est qu’en déclinant le mythe vampirique dans un monde et une époque qui nous sont si familiers, elle évoque de façon saisissante le réel et la douleur de sa sauvagerie. Il se confronte toujours au réel par le biais du fantastique, le contamine pour mieux le définir. Justine est à un âge de frontière, à celui où l’adolescence ouvre comme un abîme sur le monde des adultes, et ou l’être doit se confronter à son altérité. Le plaisir de la domination du groupe, la bêtise grégaire rieuse y explose violemment, le bizutage déclenchant le symptôme de l’héroïne, comme s’il s’agissait d’une réaction au monde qui l’entoure, comme si le cannibalisme était le meilleur moyen de s’affirmer. Bouffer l’autre, bouffer le monde, revient à lui survivre. Le mal de l’héroïne est une malédiction qui fait écho à bien d’autres. Grave est en effet un superbe film sur le rapport à son corps, à la peur de sa transformation entremêlée au bouillonnement du désir et à l’appel confus de la sexualité.  Au delà de l’épouvante inhérente à un cinéma de genre viscérale qui crée un malaise croissant, Julie Ducournau exploite une inquiétude plus profonde encore : il n’est pas de peur plus grande que celle d’exister.

En partenariat avec Wild Side, nous sommes ravis de vous faire gagner des exemplaires de Grave, si vous répondez aux questions suivantes avant le 12 août, 0h00.

 

A propos de Olivier ROSSIGNOT