Concours ESC / Culturopoing : Jean-Pierre Mocky à l’honneur

Il n’est jamais trop tard pour découvrir la verve satirique et anarchiste du grand Jean-Pierre Mocky et à ses meilleures heures c’est-à-dire sa période des années 60-70. ESC Editions vous proposent 6 films essentiels de sa filmographie.

Première collaboration avec Bourvil, Un drôle de paroissien donne à l’acteur une impertinence inattendue – loin de ses prestations de gentil gaffeur timide et un peu bêta –  qu’il poussera encore plus loin dans ses autres films. On y retrouve déjà des futurs fidèles du cinéma de Mocky : Francis Blanche et Jean Poiret. Un drôle de paroissien et son pilleur de troncs est peut-être l’une des œuvres les plus renommées de Mocky.

On retrouve Francis Blanche dans Les Compagnons de la Marguerite (1967) auquel s’ajoutent Michel Serrault et Claude Rich. Mocky avance ici un peu plus dans la satire sociale en évoquant l’aventure de ce mari ne parvenant pas à divorcer, trouvant un couple marié “à échanger” et utilisant ses talents de faussaires pour falsifier les formulaires d’Etat civil. Jubilatoire, l’annonce du film fit son petit effet : plusieurs mairies refusèrent de prêter leur décor à Mocky qui dut le reconstituer en studio.

Très en avance sur son temps en 1969 Jean-Pierre Mocky stigmatise l’abrutissement des masses par la télévision avec cette Grande Lessive (!) initialement prévu sous le titre “Le tube”, refusé par le distributeur. On retrouve les habitués de Mocky et notamment Bourvil déchainé en professeur entrainant une valeureuse équipe dans sa mission de destruction des téléviseurs de tous les élèves, afin de protéger leur précieux cerveau.

Parlons un peu cul avec L’Etalon (1970) dans lequel William Chaminade (Bourvil) envisage de créer un centre pour les femmes délaissées où « l’étalon » au service de ces dames pourra intervenir sur demande pour palier à leur(s) manque(s). Si le film est plutôt désopilant, il n’en demeure pas moins émouvant : c’est la dernière collaboration de l’acteur avec Mocky. Il s’y montre très affaibli et meurt quelques mois après.

Avec Solo et L’albatros, Mocky opère un changement radical de ton pour offrir deux œuvres parmi les plus noires de sa filmographie, parmi les meilleures également. Toute la verve politique éclate dans ces deux histoires d’engrenage sans issue, où Mocky devient son propre porte-parole en endossant ces rôles d’anti héros écœurés. Il aborde tout d’abord le thème des attentats révolutionnaires dans Solo (1970) où parti pour aider son jeune frère chef d’un groupuscule d’extrême gauche, il se laisse gagner par la cause. Solo exhale avec une grande puissance les lendemains qui déchantent. Dans la tragique cavale qu’est L’Albatros (1971) les archétypes du thriller s’entremêlent à la dénonciation politique. On y retrouve cette sensation splendide d’un individu seul contre tous, dont on perçoit rapidement que plus la lutte est inégale, plus l’homme se jette dans un vide inéluctable. Dans ces deux films splendides Mocky révèle ces versants les plus passionnants de cinéaste : sa hargne et son romantisme.

 En collaboration avec les éditions ESC, Culturopoing est très heureux de vous faire gagner un exemplaire de l’un de ces films, si vous répondez aux questions suivantes avant le 13 juillet 2018, 0h00.

A propos de Olivier ROSSIGNOT

Laisser un commentaire