Concours Elephant / Culturopoing : William Gordon, William Castle et Basil Dearden

Nouvelle salve de films noirs chez Elephant, avec trois œuvres aussi excellentes que très éloignées les unes des autres dans leur manière d’aborder le genre.

Si William Castle fut souvent considéré comme un cinéaste un peu mineur, il reste un indétrônable roi de la série-B qui introduit le ludique dans le cinéma avec une énergie fascinante, créant une connivence malicieuse avec le spectateur. Avec ses gimmicks légendaires, il envisageait le cinéma comme un jeu, un divertissement, s’imposant régulièrement comme un B-Hitchcock plus soucieux de distraire que d’ambition formelle pure. Il en résulte des films avec un charme fou, comme en témoigne ce Tuer n’est pas jouer (I saw what you did), avec la toujours impressionnante Joan Crawford, dans lequel un simple coup de téléphone anonyme par deux adolescentes s’amusant à dire à n’importe qui «  je sais qui vous êtes, je sais ce que vous avez fait » peut engendrer de sacrées conséquences.

Le remarquable La victime de Basil Dearden est passionnant à mains égards ; d’abord  comme polar haletant dans lequel un avocat marié, suite à la mystérieuse mort de son ex-amant se retrouve embarqué dans une étrange affaire. Ensuite pour son importance historique, puisqu’il s’agit d’un des premiers films à traiter aussi frontalement de l’homosexualité et qu’il constitue un tournant décisif, pour la carrière de Dirk Bogarde qui accepta ce rôle périlleux pour l’époque, plus encore quand on est gay. Ce sera La Victime qui attirera Losey, lui donnant l’envie d’engager Bogarde pour incarner le valet pervers de The Servant. La suite, on la connaît.

Plus classique, Meurtre sans faire part de Michael Gordon s’inspire clairement de Thérèse Raquin et de beaucoup d’autres histoires de triangles amoureux dans lequel les amants se débarrassent du mari gênant pour vivre leur amour, mais sont vite rattrapés par leur crime. Ici, le duo Lana Turner – Anthony Quinn s’impose, à la fois fragile et animale, générant un trouble qui n’est pas sans rappeler Le Facteur sonne toujours deux fois. Quinn y est particulièrement subtil. Quant à Lana Turner elle insuffle une belle complexité à son personnage de bourgeoise dont l’amour passionnel devient le symptôme d’une réaction contre la caste à laquelle elle appartient. Un superbe couple maudit.

En collaboration avec Elephant, nous sommes heureux de vous faire gagner un exemplaire d’un de ces 3 films, si vous répondez à ces questions avant le 16 mai 2018, 0h00

A propos de Olivier ROSSIGNOT

Laisser un commentaire