Concours AB Vidéo / Culturopoing – “On l’appelle Jeeg Robot” à gagner

Nous avons adoré On l’appelle Jeeg Robot de Gabriele Mainetti dès sa présentation à l’Etrange Festival l’année dernière, nous avons soutenu sa sortie salles, rien d’étonnant à ce que nous continuïons à accompagner ce véritable coup de coeur de l’année 2016 / 2017.

On se souvient de l’origine des comics où pendant une période troublée, la création d’un super héros permettait de venger le réel, de mettre un voile fantasmatique sur la peur de la guerre, les traumas collectifs, par l’intervention de sauveurs messianiques. Ce qui frappe d’emblée avec le premier long métrage de Gabriele Mainetti c’est l’intelligence de sa réappropriation d’une mythologie, en prise sur la réalité contemporaine, et plus encore celle de l’Italie actuelle. Attentats terroristes, politique d’austérité, pression du FMI, importance de la Gomorra dans le fonctionnement politique. La Science Fiction modifie a peine le présent, mieux encore elle en est la parfaite métaphore. Il serait difficile de qualifier Jeeg Robot de film fantastique tant la hantise du présent est palpable, tant chaque geste du héros paraît épouser notre monde, le sien. Le cinéaste est trop désenchanté pour faire d’Enzo une pure figure héroïque, lui préférant une vulnérabilité qu’il ne quittera pas. Enzo n’est donc qu’un vulgaire voleur, un gars du peuple, de la banlieue, qui n’a pas d’amis et pour cause, ils sont tous morts, fauchés en pleine jeunesse, paumés, délinquants, perdants-perdus à qui l’on aura jamais tendu la main. Découvrant ses pouvoirs à la suite de la plongée accidentelle dans un container d’une substance douteuse il ne change pas son mode de vie, continuant à regarder des pornos ou à bouffer des crèmes à la vanille. Un solitaire reclus dans son apparemment, le loser aux super pouvoirs. Jeeg Robot de la typologie super-héroïque, à la fois en en respectant ses codes (cheminement intérieur, chagrin sentimental insurmontable et basculement, découverte de la modification corporelle, création d’un ennemi..) mais en le raccrochant à une réalité toujours crédible, jamais merveilleuse.

Car le merveilleux dans Jeeg Robot est l’apanage des fous. Et c’est peut-être ici que réside l’une des plus belles idées du film, lorsqu’il compose une intrigue  sentimentale atypique et bouleversante entre une jeune femme un peu demeurée, que la mémoire a détruite et un animal triste. Perdue (et protégée) dans le royaume d’une série manga Alessia est persuadée qu’elle est une princesse et que Sergio est son protecteur masqué aux super pouvoirs luttant contre un méchant ministère. Comme on accepte de jouer avec un enfant pour l’apaiser en épousant ses rêveries, l’ours s’ouvrira au monde de la princesse. La conscience du monde nait du regard d’une simple d’esprit. Seuls les fous ont encore des rêves. Seuls les rêves changent le monde.. La mise en scène est à l’unisson , élégante et inventive, évitant la plupart du temps (il y bien quelques effets faciles) les tics de montage du cinéma d’action. Claudio Santamaria et Ilenia Pastorelli y sont tous les deux magistraux. Et si son méchant – bien qu’éructant ses origines sociales miséreuses à la face du monde – est peut-être un peu trop conventionnel et manichéen, Jeeg Robot se révèle donc un étonnant divertissement, un grand film populaire porté par sa conscience et son pessimisme politique.

Jeeg Robot porte en lui l’enchantement d’une double naissance celle d’un super héros et celle d’un cinéaste.

 

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En partenariat avec AB vidéo, nous sommes heureux de vous faire gagner des exemplaires Blu Ray de “On l’appelle Jeeg Robot”, si vous répondez à ce questionnaire avant le 25/09/2017.

A propos de Olivier ROSSIGNOT

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