Tom McCarthy – "The Visitor"

Hasard du calendrier, c’est le jour où je finissais le dernier roman de David Lodge, “La vie en sourdine”, que je suis allé voir “The Visitor”, sélection officielle à deauville 2008.
Les deux histoires commencent de la même manière, ici un professeur d’université retraité qui surnage dans une vie sur le point de se faner, sa surdité croissante n’aidant pas, là un professeur d’économie veuf, qui n’a plus qu’un seul cours à charge afin de se mettre enfin à l’écriture de son quatrième livre. Les gentils losers existent même en haut.

Coincé dans une ville du Connecticut, la vie de Walter (personnage de “The Visitor”) n’est que routine organisée sans grande passion. Lorsque l’Université l’envoie à New York pour une conférence, présenter un article qu’il a co-signé pour le prestige sans en avoir écrit la plus petite ligne, il découvre qu’un couple de sans-papiers s’est installé dans son appartement, victimes d’une escroquerie immobilière. La vie tend enfin la main à Walter, qui va tendre la sienne à Tarek et Zaineb. La chance de Walter, c’est cette rencontre inattendue, et surtout l’endroit de la rencontre. Enfin libre dans la Grande Pomme, Walter va pouvoir croquer la vie à pleines dents. A Central Park, considéré comme le poumon de la ville, Walter découvre la musique et déploie la musicalité et le rythme de son corps. Grâce à la mère de Tarek, venue de Syrie pour aider son fils emprisonné suite à un contrôle dans le métro, c’est le coeur de Walter qui va rebattre. New York et les quartiers multi-ethniques qui permettent à un syrien, un WASP et une sénégalaise de cohabiter.

La mise en scène très sobre de Tom McCarthy sied parfaitement à cette histoire très digne, qui mèle des sujets difficiles (le deuil, l’immigration, l’acceptation de l’autre), à de beaux moments d’espoir et de musique.

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