Et c’est reparti pour une tournée, de dvd et de blu ray ! Les sorties un peu passées de Septembre et celles à venir en Octobre.
The Cat (Corée, 2011) de de Byeon Seung-wook – dvd et blu ray édités par Elephant Films Quelque peu à l’opposé de l’image d’un cinéma coréen porté vers l’ultra violence et le nihilisme de Park Chan Wook (Old Boy) à Kim Jee-woon (J’ai rencontré le diable), en passant par Hong-jin Na (The Murderer) se trouvent certaines productions plus “sensibles”, plus sentiment        ales seraient-t-on de dire qui mêlent régulièrement le fantastique à une forme de romantisme mélodramatique. C’était par exemple le cas du « Deux sœurs » de Kim Jee-woon dont le mystère fantôme aboutissait à une terrible tragédie qui prenait le pas sur l’horreur et l’anxiogène. Le chemin de résolution de la douleur emprunté n’est plus celui de la violence mais celui de la tristesse. A l’idée de vengeance répond celle de justice, de retour à un équilibre. Ce type de K-Horror se révèle en réalité très proches des Kaidan stories japonaises, voire même des contes anglo-saxons, pour lesquels le final ressemble souvent à la brisure d’une injustice, au rétablissement d’une vérité pour aboutir à la sérénité entre l’au-delà et le monde des vivants. C’est bien à ce sous-genre qu’appartient The Cat, beau conte fantastique dont les limites sont peut-être liées à son charme – son refus de sortir des sentiers battus. Proche d’un film comme Dark Water (Nakata), The Cat met en scène une jeune femme, toiletteuse pour chats, qui se retrouve hantée par le fantôme d’une petite fille entourée d’étranges chats dont ils semblent être les vecteurs.
La première partie de The Cat offre de bons moments d’angoisse, liés au potentiel crispant des chats et à la claustrophobie de la jeune femme. La seconde éteint un peu l’angoisse pour converger vers la résolution du mystère, troquant la peur contre une dramatisation avec – élément moins courant – d’étonnantes résonnances sociales. Car derrière cette sombre histoire de spectre de gamine aux yeux de chats se cache un drame de la misère bien sordide que seule une héroïne fissurée sera à même de résoudre. L’émotion prime donc sur l’effet de surprise, emportant l’œuvre vers les souffrances de l’enfance et des laissés-pour-compte.
Peu de grand suspens, The Cat est de facture très classique. Pour autant, il évite un grand nombre de facilités de genre et se regarde avec plaisir, un peu comme dans un beau recueil d nouvelles. C’est d’ailleurs le type même de sujet qui aurait pu s’inscrire dans un film à sketches. On demandera au réalisateur pour son prochain un poil plus d’audace et une patte un peu plus personnelles. On retiendra une photo particulièrement soignée, une interprétation convaincante, l’impressionnante vision de tribus félines comme l’irruption de l’animalité dans l’urbain : les chats se font gardiens du temple, veilleurs nyctalopes, errant dans la ville pour vénérer et représenter les victimes, les corps ensevelis en secret, protégeant les morts de l’oubli des vivants.(G.W)
__________
Bon allez, belle copie, mais suppléments minimaux, c’est à dire euh… des bandes annonces et une gallerie photo par exemple ?

Elena (Russie, 2011) d’Andrei Zviaguintsev- dvd et blu ray édités par Pyramide Vidéo 
Elena s’ouvre sur un plan fixe extérieur hypnotique, vue d’un arbre sur lequel est perché un corbeau tourné vers un immeuble, à l’heure d’une nuit finissante jusqu’à ce que les premiers rayons du soleil percent à travers les fenêtres et que le cinéaste se décide à nous faire rentrer dans l’appartement de l’héroïne. Toute la griffe du cinéaste est là, nous conduisant lentement vers ces êtres vivants, avant que le rythme n’en épouse la respiration, prenant le temps de s’immiscer dans leur quotidien, nous incitant imperceptiblement à apprivoiser leurs gestes et leurs regards. Depuis le magnifique Le retour, le cinéma métaphorique d’Andrei Zviaguintsev s’interroge sur la famille, ses bouleversements, ses fractures et les rapports douloureux qui s’y instaurent. Elena prolonge cette réflexion dans la noirceur en évoquant comment l’amour maternel fou peut conduire au mépris du reste et à l’irréparable. Pour Andrei Zviaguintsev, cinéaste dostoievskien, l’homme n’est pas foncièrement bon, bien au contraire, il ne cesse de refouler le mal qui est en lui. On assiste donc progressivement à la disparition des dernières étincelles de bonté d’une héroïne qui fera le choix de passer sur l’autre versant. Et pourtant jusqu’au bout – elle est là, la force d’Andrei Zviaguintsev – Elena suscite la pitié et l’empathie, pauvre marionnette d’une société patriarcale, d’un père, d’un fils, et de ses propres désirs, plongée dans l’illusion d’un choix libératoire.
C’est au Roi Lear que renvoie Elena, à cette déception face à l’ingratitude des enfants ( « n’est-ce pas comme si ma bouche déchirait ma main pour lui avoir porté la nourriture ? » écrit Shakespare), à cette cet homme bon pourtant capable de générer de mauvaises souches à travers sa progéniture, ce constat qui faisait dire au fou: « le père qui porte des haillons rend ses enfants aveugles. Mais le père qui porte la bourse verra ses enfants affectionnés ». A.Z identifie l’amour filial à une transaction financière, quelle que soit la caste sociale, la fille de Vladimir ou le fils d’Elena sont tous deux pour leurs enfants des billets, des pensions, des héritages. Elena, d’extraction sociale modeste remariée au riche Vladimir, est désormais regardée par son fils comme la poule aux œufs d’Or. Or, comme Lear, la conscience de l’abjection du fils parasite ne vient nullement la détourner de sa passion aveugle et de sa détermination à l’aider. Comme dans toute tragédie, il y aura un dilemme, un choix, celui du passage à l’acte, mais celui-ci se fait en toute simplicité, en tout logique, sans état d’âme. La force du cinéma de Zviaguintsev est de toujours parvenir à susciter l’empathie vis-à-vis de son personnage, au point que même criminelle, c’est sa condition de victime qui transparaît le plus à nos yeux, victime y compris dans le meurtre qu’elle commettra. Il faut dire que le jeu bouleversant de Nadezhda Markina y est pour beaucoup.
Tout n’est ici que signe d’échec : échec des éducations, échec d’une société si inégalitaire que chaque classe semble dominée par la haine et le mépris de l’autre. Et comme figure dominante, une ombre portée qui plonge Elena dans une étrange lumière, l’argent, vampirique tient lieu d’idéal et guide les actes de tous sans exception. De son désir naissent les sourires, les déclarations d’amour, les compliments, les séductions, les invitations, les reproches, les rancœurs, les meurtres. Le ver est dans le fruit et les futures générations, loin de constituer un espoir, empirent dans l’égoïsme et la monstruosité. Le petit fils d’Elena hérite ainsi de la bassesse de son père, mais peut-être encore un cran en dessous dans la bestialité. Ici la vision idyllique d’un bébé s’amusant à quatre pattes sur un lit suscite l’épouvante. Car il s’agit bien d’un monde retourné à l’état de nature, un monde de prédateurs, de bêtes qui ne songent qu’à se manger entre elles, à se voler leur territoire, à s’entretuer. Elena ne fait rien d’autre que défendre son petit. La vision du monde chez Zviaguintsev semble presque eschatologique, on y pressent la vie de chacun comme une malédiction dans un monde qui ne cesse de finir. Elena avance calmement vers l’inéluctable, mais Zviaguintsev inscrit son parcours dans un mécanisme de normalité – il ne pourrait en être autrement – jusqu’à une scène finale d’autant plus glaçante qu’elle s’inscrit dans la continuité du quotidien, dans un calme tétanisant.
« L’égalité et la fraternité n’existe que dans le royaume des cieux » affirme Vladimir à Elena. Hélas, à l’instar de la justice, Dieu est absent du monde, dans cette magistrale œuvre hivernale où le jour semble toujours annoncer la nuit. (O.R)
________________
Un bel entretien avec un Zviaguintsev dont la douceur dissimule mal le pessimisme et un making of viennent compléter Elena. Niveau technique, rien à signaler, le blu ray restituant parfaitement la subtilité de la photo.

Cosmopolis (Canada, France, 2012) de David Cronenberg – dvd et blu ray édités par Fox 
Dans Crash, David Cronenberg donnait à son public d’alors une piste qu’il s’est empressé de ne pas suivre. Alors que James Spader évoquait la reconstruction du corps humain par la technologie, Elias Koteas lui rétorquait « Ce n’est qu’un concept basique de science-fiction, ça flotte à la surface ». Et pourtant, depuis Spider, nombre d’anciens admirateurs du canadien se sont acharnés, non sans déception, à chercher dans sa nouvelle carrière tout ce qui pouvait la rattacher de la manière la plus ostensible et superficielle au « Cronenberg ancienne manière ». Comme si le cinéaste, durant toutes ses premières années, n’avait été qu’un accessoiriste dont on n’aurait retenu que le gimmick le plus voyant ; quelle ingratitude pour celui qui, de film en film, avait abordé des sujets aussi divers que la douleur du divorce, la maladie ou l’amour fou. Hélas pour toute cette population : pas de modifications génétiques dans A History Of Violence, pas de contamination ou de métamorphoses corporelles dans Les Promesses de l’ombre, qui devait se contenter d’être ce qu’il est : un chef-d’œuvre de néo-film noir. Sans (trop de) bizarrerie, sans corps modifiés.
Et puis est arrivé Cosmopolis, qui a mis immédiatement fin à la querelle des anciens et des modernes. Les amateurs de l’ancien Cronenberg étaient ravis : le film suinte la démence et la furie, et ne ressemble à rien de connu. Quant à ceux qui appréciaient le virage plus classique opéré par le canadien, ils n’étaient pas en reste : Cosmopolis ne regarde jamais vers le passé et ne constitue pas un retour à une « formule gagnante», passéiste, comme on aurait pu le craindre. Et maintenant que la surprise est passée, que le film nous arrive une seconde fois en Blu-Ray, il n’est sans doute pas exagéré d’affirmer que bien au-delà de cette querelle somme toute peu intéressante, Cosmopolis est un des sommets de l’œuvre de Cronenberg. Pas parce qu’il opère cette conciliation, mais parce qu’entre autres choses, il marque l’aboutissement d’une quête cronenbergienne : la mise en scène du mot. On nous excusera cette formulation un peu pompeuse, mais le fait est qu’il ne s’agit, pas au sens strict, de l’art du dialogue, du moins pas dans le sens « Mankiewicz » de l’expression. Cronenberg, qui lors de ses entretiens avec Serge Grünberg, se définissait plus volontiers comme un littéraire que comme un rat de cinémathèque, a toujours été obsédé par le passage de l’écrit à la pellicule, et s’interroge depuis longtemps sur les passerelles qui unissent le mot à l’image. Le passage de la métaphore littéraire à la métaphore filmée s’est d’abord concrétisé, pour citer le cinéaste, par la « création d’images monstrueuses ». Avec Cosmopolis, les mots prennent du volume, emplissent l’image et deviennent aussi importants qu’elle. On n’a jamais vu Cronenberg aussi à l’aise avec ses dialogues, qui poussent à l’extrême des principes déjà effleurés : au fond, les acteurs se livrent davantage à des monologues croisés qu’ils ne se répondent.
Il y aurait tellement d’autres choses à dire sur Cosmopolis. On pourrait oublier tout ce qui précède et seulement s’extasier sur la maestria avec laquelle Cronenberg s’accommode de l’espace étriqué d’une limousine pour en faire un monde miniature ; on pourrait aussi remarquer à quel point l’humour – qui de Frissons à eXistenZ, n’a jamais été étranger à son œuvre – ajoute à la paranoïa du récit. Et on pourrait aussi laisser de côté toutes ces considérations très cinéphilo-cinéphiliques pour ne s’intéresser qu’à ce que le film raconte : la chute d’un monde principalement abominable auquel il n’existe, a priori, pas de meilleure alternative. Bref, de quoi voir et revoir son Blu-Ray…(E.S)
____________
Aucun souci technique du côté du blu ray pour une colorimétrie parfaitement respectée. On pourra donc multiplier à foison cette balade en limousine pour en saisir pleinement la complexité. La Master Class de Cronenberg à la Fnac Montparnasse, ainsi qu’un making of presque aussi long que le film s’y ajoutent.

La cabane dans les bois (USA, 2011) de Drew Goddard – dvd et blu ray édités par Metropolitan Vidéo
Le nom de Joss Whedon est davantage associé aux séries télé (Buffy, Angel, Dollhouse…) qu’aux films de genre pur et dur. C’est pourtant bien lui qui a scénarisé ce surprenant Cabin in the Woods, éclipsant par la même occasion le nom du réalisateur Drew Goddard dont c’est le tout premier long métrage. Prenant appui sur l’un des clichés les plus usés du genre (un groupe de jeunes qui part pour un weekend dans un lieu isolé), Whedon va pourtant emmener son histoire là où on ne l’attend pas du tout. D’un cynisme à faire pâlir n’importe quel jeu de téléréalité, le film rend pourtant hommage au genre en jouant de façon habile avec le bestiaire de créatures diverses et horribles qui la peuple. A la lumière de l’explication finale, on aurait même presque l’impression que l’ambition démesurée de Whedon était de proposer une explication à l’existence du genre entier. Toutefois, on regrettera que ce concept très intrigant perde un peu de sa force sur l’écran où la relative inexpérience de Goddard se fait parfois cruellement sentir. Sa mise en scène classique et efficace ne sort pas vraiment des sentiers battus empêchant tout de même le film de se hisser aux cieux de ses ambitions. Même si le but était de jouer sur les personnages stéréotypés, ils ne sont rien d’autre que cela, empêchant parfois le spectateur de s’identifier complètement, allant même parfois jusqu’à ressentir un certain plaisir coupable devant leurs scènes de mort à l’instar de n’importe quelle série B de l’étagère du bas. La raison ultime – très lovecraftienne – de réduire ces jeunes à de la chair sacrificielle ne sera dévoilée qu’en toute fin de métrage et servie par une actrice icône qui fait là sa deuxième brève apparition du même type. Jusqu’au-boutiste, la noirceur de l’image finale s’inscrit parfaitement dans l’ambiance apocalyptique contemporaine, convaincant les uns ou laissant les autres indifférents. En tout cas La cabane dans les bois, même inabouti, a le mérite de lancer un postulat particulièrement original dans le paysage fantastique, celui d’une victoire de l’imaginaire sur le réel, splendide idée d’une inversion des univers, où les monstres tireraient les fils des marionnettes que nous sommes.(M.N)
___________________
Les suppléments proposés constituent un peu le b-a ba de ce type d’édition, à teneur plutôt promotionnelle : making of, coulisses du tournage, et bande annonce.

Le Privé (USA, 1973) de Robert Altman – dvd et blu ray édités par Potemkine
Le Privé (The Long Goodbye, 1973) est un curieux film dans la carrière de Robert Altman. C’est en tout cas un film qui n’était nullement programmé pour en faire partie. Mais qui s’avère au final comme l’un de ses tout meilleurs, alors qu’il est aussi probablement l’un des moins « altmaniens ». Voilà qui questionne en tout cas le dogme de la Politique des Auteurs (car Altman est assurément un auteur, à l’univers très identifié) de manière très stimulante. Bien sûr, même si Le Privé constitue la seule véritable incursion d’Altman dans le film noir (et plus précisément le film de détective), on peut toujours considérer que le cynisme de Raymond Chandler, dont le film est adapté, ne lui était pas radicalement étranger. Mais le script a été écrit pas un scénariste tiers (en l’occurrence, une scénariste), et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agissait de Leigh Brackett, qui a surtout travaillé avec Howard Hawks (à qui Le Privé avait d’ailleurs été initialement proposé et qui aurait pu donc être le dernier film du plus grand cinéaste de l’histoire du cinéma – avis personnel). Mais, ici, c’est surtout son adaptation, brillante, du Grand sommeil qui lui valut de s’attaque à The Long Goodbye.
Après un autre refus de Peter Bogdanovich, c’est donc à Robert Altman (palmé d’or trois ans plus tôt pour M*A*S*H*) qu’échoua la réalisation du film, qu’il avait néanmoins conditionné au choix d’Elliott Gould (le mythique Trapper de sa charge militaro-médicale) pour incarner Philip Marlowe. Un choix qui n’allait pas de soi (*) (et qui n’était pas celui des producteurs, qui pensait plutôt à Lee Marvin ou Robert Mitchum – ce dernier héritera finalement du rôle à deux reprises ultérieurement, dans Adieu ma jolie en 1975 et un remake du Grand sommeil en 1978) mais qui s’avère un vrai coup de génie et signe donc bien la marque d’Altman sur le film. La nonchalance assez naturelle de Gould et son côté un peu décalé se marient en effet parfaitement avec le projet du film qui est de proposer une vision différente de Marlowe, celle d’un homme des années 50 plongé dans les années 70 des drogues et du sexe décomplexé. Les intrigues de Chandler étant invariablement complexes (pour ne pas dire incompréhensibles…), Le Privé vaut donc d’abord par son atmosphère et son humour. Et beaucoup pour ses comédiens !
Elliott Gould trouve là probablement le plus rôle de sa carrière, le rôle d’écrivain hemingwayen alcoolique confié à Sterling Hayden lui va d’autant plus comme un gant que lui-même était un bon écrivain (comme l’a rappelé la publication de son roman Voyage il y a deux ans) et saoul pratiquement du matin au soir sur le plateau (et pas mal défoncé aussi), la baronne Nina van Pallandt apporte sa blondeur danoise sexy à sa contribution cinématographique la plus notable et même un quasi débutant nommé Arnold Schwarzenegger y fait une apparition !
Le film connaîtra un accueil assez désastreux, aussi bien critique que public, qui paraît aujourd’hui totalement inexplicable.(C.C)
_____________________
Ah ! quel bonheur de (re)voir Le privé dans de telles conditions ! couleurs impeccables, copie restaurée superbe. Le support HD constitue un apport incontestable, tout en respectant le grain d’origine, avec en prime de beaux suppléments : un interview du grand directeur photo Victor Zsigmond, un entretien avec J.B.Thoret, ainsi que le documentaire « RIP Van Marlowe » dans lequel Elliott Gould et Robert Altman reviennent sur le film ;
(*) Encore que… Quelques mois après le tournage, Elliott Gould, divorcé de Barbra Streisand, allait épouser une certaine… Jennifer Bogart ! Mais sans relation avec Humphrey. C’eut été trop beau…

A propos de Cyril COSSARDEAUX

A propos de Enrique SEKNADJE

A propos de Olivier ROSSIGNOT

A propos de Gee Wee

Laisser un commentaire