Le retour de Mirwais (ex Taxi Girl, Juliette & Les Indépendants pour les analphabètes de l’histoire de la musique en France des 30 dernières années, ex collaborateur de Madonna au début des années 2000 pour les analphabètes tout court) s’effectue sous une nouvelle identité et un nouveau « concept » : Le nom c’est Yas et le concept c’est de proposer une électro-pop-dance de qualité (une habitude chez notre démiurge franco-afghan) chantée en langue arabe.
 
On retrouve sur cet « Arabology » des sonorités familières pour qui a aimé les albums précédents de Mirwais (et surtout « Production », le disque sorti sous son seul nom), cette manière toute personnelle de faire sèchement sonner et groover les machines. Ainsi ce saisissant « Get it right » qui voit Kraftwerk copuler avec cette superbe Yasmine Hamdan, demoiselle originaire du Liban et vocaliste par ailleurs du groupe Soap Kills. Le refrain en anglais (100% électro à savoir une phrase ou deux répétée en leitmotiv comme le premier slogan de manif’ venu) arguant des velléités commerciales du projet. Formidable ouverture en tous les cas, d’autant que le morceau est précédé d’un instrumental qui met discrètement dans l’ambiance, un délicieux petit nœud cadencé estampillé Mirwais.
 
« Ouloulou » mêle boucles chiadées et guitare acoustique pour un résultat tout bonnement excellent, le rythme est ici comme presque partout sur l’album irrésistible, bien loin de provoquer indifférence et ennui chez l’auditeur (même les charentais ou les jurassiens y trouveraient leur compte sans doute). La guitare de Mirwais, utilisée exclusivement comme un petit motif rythmique de rien du tout, contribue également sur « Azza » à étoffer la pulsion rythmique, c’est une musique ici de sensation, elles sont pures, elles sont puissantes, elles déchirent tout.
 
 

 

Ceux qui ont aimé « Music » de Madonna sauront se régaler avec « Da », construit à partit du même bloc, ou encore avec « Yaspop » et ses vocalises typiquement arabisantes sur leur lit de gimmick électro, du miel qui coule dans nos oreilles ! « Coït me »  et sa petite ligne de texte « sulfureuse » (mon dieu une chanteuse arabe qui en appelle à la saille sexuée oulalalalala !) entreprend de tâter du lancinant et du midtempo, peut-être le premier ralentissement qualitatif de l’album cela dit.
 
Oui car ralentissement qualitatif il y a nonobstant la qualité intrinsèque des morceaux, c’est là d’ailleurs un reproche que l’on peut faire à cet album et en particulier à Mirwais : ces calques musicaux qui divergent presque à la marge et qui, sur la durée, laissent l’auditeur discrètement lâcher l’oreille.
 
Ce disque peut crisper en effet par trop d’homogénéité même s’il n’excède pas les 40 minutes (pas de risques de s’ennuyer donc). L’ensemble est extrêmement agréable à l’écoute sans pour autant totalement combler, il manque peut-être un chouïa d’ambition ou du moins de diversité sur ces pistes, toutes basées sur le même solide et heureusement bienveillant moule. On se met à rêver en imaginant quelques ornements de vraies cordes orientales sur ces morceaux par exemple.
 
Tant pis.
 
Petit bémol donc mais qui n’entache pas l’excellente impression générale laissée par l’album, pure sensation physique qui parle aux pieds comme aux bras (on a envie de bouger bêtement les bras en mesure et d’onduler du mieux possible les hanches).
 
Voilà un bien bel album de pure danse, de pure pop, de pure intelligence aussi.
 
 
 
 
 
 

A propos de Bruno Piszorowicz

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