Verdena – « Solo un gran sasso », Mis.

Dites Verdena à un adolescent  italien et vous verrez le résultat – choix à la carte entre saut au plafond et banane fendue ou moue dégoûtée et regard blasé. Normal – le  phénomène classique des groupes qui cartonnent ! De façon impartiale, on analysera de loin les commentaires en disant qu’ une certaine frange du public transalpin leur reproche surtout de commencer à tourner en rond. Quoi qu’ il en soit, ce trio de rock alternatif, originaire de Bergame, composé de deux frères – Alberto au chant et gratte et Luca à la batterie – accompagnés d’ une bassiste, Roberta –  fait parti des meubles de la face rock de la péninsule depuis déjà bien une décennie.  

Formé en 1996, unique démo en poche [1997],  ils signent – les doigts dans le nez – chez Universal Italia pour un premier album éponyme – référence ultime du groupe – avec des titres-phares comme ‘ Valvonauta ‘ ou ‘ Ovunque ‘ – C’ est pourtant avec ‘ Solo un gran sasso ‘ – second opus paru en Septembre 2001 – qu’ ils confirment leur succès et talent par là-même – ce qui ne va pas toujours de pair – on en conviendra bien volontiers.

Tirant leurs influences de la scène grunge internationale [ Nirvana, Samshing Pumkins, Pearl Jam ] et nationale [ Afterhours, Marlene Kuntz ] de groupes noisy comme Sonic Youth – influences d’ ailleurs communes à beaucoup de groupes rock italiens – enfin, de la scène psychédélique des années 70,  ils chantent exclusivement dans leur langue natale, ce qui apporte d’emblée une touche singulière à leur univers musical.

‘Solo un gran sasso’ à la cover polaroïdale – méduses et autres ovni marins flottant dans une nébuleuse orangée – se caractérise d’ office par sa production. Enregistré par Maurice Andiloro, aux studios Officine Meccaniche, à Milan, c’est définitivement le son ultra-travaillé qui capte l’ attention.
Produit sous la houlette de Manuel Agnelli de l’ incontournable groupe de space-rock Afterhours – le son est reconnaissable entre mille – saturé sur les guitares, avec une basse très présente, perceptible sur des solos comme celui de ‘Centrifuga ‘, des effets multiples dont delay, un chant parfois mixé en arrière comme sur ‘Viba’, enrichi par les tonalités très particulières et constantes sur l’ album d’ instruments  proprement issus de la scène progressive des années 70 comme le Mellotron ou les pianos  Fender Rhodes et Wurlitzer.

Entre balades acoustiques aériennes – ‘la tua fretta’ –  slows langoureux, kitschy et rétro à souhait – ‘ Onan’ ‘ Viban’ ‘Meduse e Tapti’ – tubes calibrés pur rock –  ‘Starless’,’ Caramel pop’, ‘Buona riposta’ – Verdena ne se prive jamais – malgré des expérimentations timidement noise sur ‘ Nova’ et ‘Starless’- d’ envolées lyriques et mélodiques – autre marque de fabrique du groupe.
A noter – puisque cela nous concerne directement nous Français – qu’Universal tente depuis leur dernier bébé – Requiem – paru mi-2007 – de les faire émerger dans l’ hexagone via des live essentiellement parisiens. Affaire à suivre !

Album à conseiller  immodérément  pour tout amateur du genre.

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