HildaParedes

Jake Arditti – Arditti Quartet : Hilda Paredes – « Cuerdas del Destino »

Sempre,…

Que dit le Quatuor Arditti ? Défricheurs de chroniques plus tardives, quatre musiciens pionniers. On leur doit la création de nombre d’oeuvres contemporaines – Xenakis, Dusapin, Stockhausen, aujourd’hui Jarrell, Yokoi…

Aux prises avec l’oeuvre hétéroclite et complexe de Hilda Paredes, compositrice mexicaine de renommée internationale née en 1957, le quatuor ajoute au mystère de cette musique une formidable maestria d’exécution qui permet de prendre la mesure de ce génie intemporel et dans le siècle.

Placé sous le signe de la conquête et de l’extase, cet hommage à la compositrice recèle des trésors pour l’oreille et la voix.

Le choix des pièces s’articule autour de morceaux mettant cordes et âmes à l’honneur. C’est en fait la quête d’un sens, d’un destin, peut-être ? Suggérée par les allées venues démarches harmoniques, glissant le long des pizzicati ponctuant des phrases sans entrée sortie, cette recherche du ton perdu évite le piège de l’hermétisme sans sacrifier à ce qui lui invente sa très propre singularité.

Malgré le recours à des procédés qu’on croyait éprouvés, la compositrice parvient à ménager des effets-surprise. Les chansons lunatiques laissent ainsi libre court au jeu de la haute-contre qui complète le dispositif antérieur, réconciliant peut-être ciel et terre par le prisme de l’incarnation. La redéfinition des vertigineux bécarres entre le grave et l’aigu se noue, autour de séquences alternant voix parlée, chantée, voies enfin d’un violon déconcerté auquel le Papalote donne bientôt des ailes.

 De sons-côtés le violoncelle n’est pas sans évoquer les Pression de Lachenmann ; mais il n’y cède pas. Le détournement des sons et de l’harmonie semble s’inscrire dans des perspectives aussi précises qu’insensées, visant l’évasion possible.

 Il arrive que les instruments imitent la voix avant de dialoguer avec elle, comme dans l’oeuvre la plus mélodique, écrite in memoriam. Hommage à l’histoire racontée, l’exercice ne verse pourtant ni dans la démonstration de force, ni dans l’hommage informe. De Londres à Mexico, un sacré tour du monde.

 

 

A propos de Axelle GIRARD

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