Second Sex – "Petite mort"

Ils ont des vestes en cuir sur mesure, des chemises col pelle à tarte ou des tee-shirt American Apparel et la couvʼ de leur nouvel album ressemble à sʼy méprendre à celle de West Side Story. Beaucoup de cheveux, un peu de voix, et énormément dʼarrogance. Les Second Sex remettent les couverts pour un album qui se dit inspiré des années 60 et 70. Leur titre “We lost control”, référence au groupe Joy Division, en témoigne. Pourtant, ça sent les années 2000 à plein nez : les White stripes, les Strokes, les Arctic Monkeys et les Babyshambles ne sont jamais loin dans leurs intros riffées.

Second Sex : un nom glamourisant et vendeur déguisé en hommage décalé à Simone de Beauvoir, mais plus encore à toutes les stars androgynes de ces dernières décennies (Iggy Pop, Mick Jagger, Lou Reed). Il est loin le temps du titre “Je suis une tortue ninja”. Les quatre garçons veulent sortir de la chrysalide et du bar 3, des caves et du rock garage et prétendent à une nouvelle reconnaissance…peut être même à lʼalbum de la maturité ?

Pour les thèmes : rien de révolutionnaire. De la drogue, du sexe (petite mort = orgasme), et du…fantastique (des histoires de vampire et de diable). Une pincée de névroses pour saupoudrer le tout (21 grammes, dont on peut penser que lʼinspiration vient du film dʼInarritu, relate lʼangoisse de la mort) et voilà un ensemble sympathique et assez entraînant, avec mention spéciale pour les singles We lost control et Jʼai couché avec le diable.

En revanche, les titres en anglais ne sont pas dʼune originalité transcendantale. On se demande toujours un peu où on a déjà entendu ça avant. Quant aux paroles en français de certains titres (Mon autre côté, Dis moi qui je suis), elles ont tendance à renforcer lʼimpression que les jeunes hommes en perfecto appuient trop sur les cordes et que ça serait plus sympa si on baissait un peu le son. Alors à quand un album avec uniquement des ballades léchées, toujours décalées dans le ton, mais plus apaisées ? A quand la fin
de lʼépopée Biactol ?

Messieurs, à vos guitares. New York et Londres ne tremblent pas encore.
SECOND SEX, PETITE MORT

A propos de Isabelle Mayault

Laisser un commentaire