Régina Spektor – Far

Si vous êtes lecteur assidu de Culturopoing, vous vous souvenez peut-être du jour où nous mentionnâmes le nom de Régina Spektor, à l’occasion de la chronique de Way to Normal de Ben Folds, avec lequel elle formait le temps d’une chanson, un duo qualifié alors d’ épatant.

Ce duo n’est pourtant qu’une ligne sur le CV grandissant de Régina, jeune femme pas encore trentenaire d’origine russe, débarquée à New York à l’âge de neuf ans. Elle commence en 2003 par des premières parties, Kings of Leon et surtout the Strokes avec qui elle a aussi enregistré un duo. C’est d’ailleurs Gordon Raphael, le producteur du groupe anglais, qui coproduira son premier album, Soviet Kitsch, en 2005. Depuis, Régina, sans révolutionner un quelconque genre ou se poser en meneuse, tisse une oeuvre musicale aboutie et riche, toujours agréable à écouter sans pour autant qu’une sensation de superficialité ne nous saisisse, c’est là un équilibre périlleux effectué à merveille.
 

Il y a un côté physique dans l’entreprise de cette songwriter aux allures de poupée aux joues roses qui ne se sépare jamais de son piano, les touches de l’instrument qui résonnent dans un son très mat, les souffles, les chuchotements voire les cris de Régina ayant un côté mutin et sensuel des plus plaisants, dans une langue anglaise qui n’est pas sa langue maternelle, et qu’elle chante d’une manière très articulée, avec une application des plus touchantes.
Son style pop que l’on qualifiera de sophistiqué impose des chansons qui pourraient être des comptines pour adultes, pour le côté musical d’une part, le piano étant soutenu par de multiples sons de clochettes et autres bruits de percussion, pour les paroles ensuite par exemple "Two Birds", éventuellement l’histoire de deux oiseaux sur un câble électrique, pourquoi pas celle de deux amoureux dont les routes semblent s’éloigner… 

Régina Spektor est une artiste grand-public qui s’ignore, comprendre qu’elle est inconnue du grand public (au moins en France) et cela est bien dommage, tant sa créativité plairait à plus d’une paire d’oreilles.

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