Polyphonic Spree – Yes, it's true

Lorsqu’il fut question sur Culturopoing du premier album de ce flamboyant collectif réuni autour du chanteur Tim DeLaughter les mots « été », « soleil », « adolescence » et « insouciance » s’imposèrent d’eux-mêmes, tant ce superbe The beginning stage of Polyphonic Spree donnait à entendre une sunshine pop anachronique (nous étions alors au début de ce siècle) certes mais surtout resplendissante. A l’écoute de ce quatrième album du groupe[1] force est de constater que la joyeuseté mélodique est de retour après deux albums sensiblement plus sophistiqués. Non que ceux-ci se soient avérés être des modèles d’épure calviniste mais le groupe avait alors développé un son plus appliqué, moins foufou et  plus classiquement pop également pourrait-on dire, comme un vieil ado devenant subitement jeune adulte et toisant son ancien reflet dans le miroir à grands coups de Shakespeare :
 
When you hear that I am as I was, then come to me, and you will once again be what you were: the teacher and nurse to my wild, riotous ways”
 
Cette fois la crise de la quarantaine de chansons publiées a semble-t-il frappé DeLaughter qui semble revenir à ses colorés, turbulents et naïfs premiers amours. On retrouve en effet un même sentiment primal de célébration des joies simples, pareille musique très premier degré même si toujours richement arrangée, pareille ambiance rafraichissante qui sent bon tant l’exaltation que l’inspiration même si la fanfare est cette fois plus en retrait, bordant confortablement le vocaliste acrobate DeLaughter[2] sans jamais venir lui prendre toute la lumière.
 
Les tempos sont ainsi majoritairement enjoués et gaillards, une pop ludique plus que jamais à l’ouvrage au fil de vraies perles telles « You don’t know me » (lointain et bel écho au « Piranha » de Tripping Daisy, le premier groupe de Tim DeLaughter, du temps des guitares et du rock indé), « Popular by design » (ah son chœur féminin en mode pom-pom girls) et « Hold yourself up » (juste parfaite non ?), toutes trois placées en tête d’album et portant déjà plus que haut cette belle, légère et altière parole. Il faut rajouter dans ce joli roulis fleuri un « Heart Talk » qui sent bon le Bowie des 70’s et surtout une chanson d’amour « You’re golden » touchante et lumineuse dans sa puérilité et la pure ouate de son clavecin.
 
Si la fin du disque s’avère plus inégale l’ensemble reste néanmoins délectable (croquignolet « What would you do », dangereusement mature « Battlefield », sympathique "Let them shake" ) et Yes, It’s true constitue une pièce de choix, pour ne pas dire la pièce de résistance de cet automne 2013 qui s’annonce terriblement alléchant en sorties (Arcade Fire, Shearwater, Moonface, Fanfarlo Prefab Sprout et autres, miam miam).
 
 

[1] Auxquels il convient de rajouter un disque de noël et une bande-originale de film, le tout en un peu plus de dix années donc.
[2] Dont la voix évoque bien souvent celle de Wayne Coyne des Flaming Lips mais sans l’araignée au plafond, plutôt une coccinelle à la place.

 



A propos de Bruno Piszorowicz

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