Phantom feat. Lio – "Phantom feat. Lio"

Vous ne connaissez probablement pas Miam Monster Miam. Et le nom de Banjamin Schoos ne vous dit rien non plus…
Il est vrai que ce jeune et talentueux musicien belge ne fait pas grand chose pour se mettre en avant. On n’appelle pas son groupe Phantom impunément, après tout. Son truc à lui, c’est de faire des disques sans trop calculer, un peu à l’arrache, beaucoup à l’ancienne. Et de le faire avec des gens avec qui il a envie de travailler. Hier, Marie-France (l’une des égéries du Paris des "années Palace" et des "jeunes gens modernes") ou Jacques Duvall (dont l’excellent album Le Cowboy et la call girl, que nous vantâmes ici-même à sa sortie). Aujourd’hui, c’est Lio.
 
Oui, Lio. La "pop Lolita" du début des années 80, la grande gueule médiatique un peu provo, la jurée de la Nouvelle Star… Musicalement pas mal perdue de vue depuis bien trop longtemps, sauf pour ses fans assez fidèles pour la suivre dans des aventures discographiques d’une cohérence assez vague, dont elle n’a probablement pas grand chose à faire (la cohérence, pas les fans). Mais les autres enrageaient un peu que son talent singulier soit si peu exploité, aussi bien sur disque qu’au grand écran (les Golden Eighties et autres Sale comme un ange sont bien loin…).
Et puis est donc venu Benjamin Schoos, aka Miam Monster Miam, aka Phantom, qui a eu la très riche idée, non seulement de provoquer la première vraie rencontre discographique de longue durée (tout est relatif, l’album est court, comme à la "grande époque") entre le rock et Lio, mais aussi d’associer comme témoin Jacques Duvall à ce mariage évident, trop longtemps retardé, comme dans ces bonnes vieilles comédies romantiques américaines.

Jacques Duvall et Lio
Jacques Duvall et Lio

 
Comme aux premiers jours, ceux de Banana Split (référence qui leur collera à la peau jusqu’au bout et qu’ils revendiquent ô combien fièrement), les mots de Duvall chantés par Lio font des étincelles pop, rock, punk, pop-rock, pop-punk, punk-rock, on ne sait plus trop et on s’en fout pas mal. Ces deux-là n’auraient jamais dû se quitter, au moins artistiquement, et si cet album n’est aucunement programmé (quel vilain mot) pour affoler le Top 50 que Lio squattait naguère (petit label, Freaksville, celui de Benjamin Schoos, tirage limité…), il recèle suffisamment de perles euphorisantes (Je ne suis pas encore prête) ou pas (Noir violette, très Ford Mustang) pour faire notre bonheur.
 
Il se trouvera malheureusement encore pas mal d’obtus que le nom de Lio fera ricaner (définitivement pas "crédible", quoi) et qui flaireront le coup marketing d’une chanteuse has been. Ceux-là n’auront définitivement rien compris à son personnage (il est vrai que sa versatilité ne les y aura pas toujours aidé…) et se priveront d’en découvrir une nouvelle facette, peut-être la plus "authentique" (La Veille de ma naissance, comme un autoportrait par la plume de Duvall interposée ?), et qui trouve ici l’écrin musical idoine à son chant et à son énergie.
 
PS : Faisons le voeu (probablement pieux…) que cette actualité provoque aussi la réédition des premiers albums de Lio, tous introuvables aujourd’hui, malgré leur énorme succès à leur sortie. Constater que l’album (Lio) sur lequel figure un des plus beaux bijoux pop des années 80, Amoureux solitaires, n’existe plus en CD, c’est tout simplement tristement honteux…

A propos de Cyril COSSARDEAUX

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