Mort du manager Allen Klein, de Bobby Darin à… Alejandro Jodorowsky

C’est une figure peu connue du grand public qui vient de s’éteindre, le 4 juillet, à l’âge de 77 ans, à New York, de la maladie d’Alzheimer.
Et pourtant, Allen Klein a pratiquement inventé le rôle de manager dans le domaine musical, faisant d’abord ses armes auprès de Bobby Darin, chanteur immensément populaire (l’adaptation américaine de La Mer de Trenet, c’est lui), qu’il "libéra" de son label de l’époque, moyennant procès, une future marque de fabrique du style Klein, pas toujours très regardant sur les moyens. Comme il aimait joliment à le dire, parodiant la Bible : "Je marche dans l’ombre de la vallée du Mal mais je n’ai pas peur, car je suis le plus grand salopard de cette vallée" !

Son rôle sera par la suite déterminant dans la carrière de Sam Cooke, le précurseur de la soul music et premier musicien noir à prendre la responsabilité de son propre business (Peter Guralnick explique ça très bien dans son excellent bouquin, Sweet Soul Music, paru chez Allia).
Peu après, il rachète une partie des parts d’Andrew Loog Oldham dans le management des Rolling Stones. La collaboration ne se terminera pas trop bien mais, toujours aussi habile, Klein gardera les droits d’une bonne partie des chansons enregistrées par les Stones avant que ceux-ci ne montent leur propre structure juridique, au début des années 70.
C’est pourtant Jagger qui avait recommandé Klein à Paul McCartney. Il deviendra ainsi le manager des Beatles à la mort de Brian Epstein, même si son influence sera bien moins prépondérante que celle de son prédécesseur, souvent surnommé le 5ème Beatle. A la séparation des Fab Four, il continuera à travailler aussi bien avec Lennon (pour son projet de film Imagine) qu’avec Harrison, dont il contribuera grandement à mettre sur pied le concert pour le Bangladesh.
Tout ça se finira néanmoins parallèlement par un procès aussi avec les p’tits gars de Liverpool…

Allen Klein se hasarda également dans la production cinématographique, d’abord en coproduisant trois films d’un acteur nommé Tony Anthony, rêvant de suivre les traces d’un certain Clint Eastwood (sans succès, est-il utile de vous le préciser…), dont un film avec Ringo Starr en second rôle (Blindman). Mais surtout en produisant La Montagne sacrée, d’Alejandro Jodorowsky. L’expérience s’avèrera suffisamment couronnée de succès pour que Klein ait l’idée de surfer sur la vogue commerciale naissante du porno pour faire une version cinématographique hard du célèbre et sulfureux Histoire d’O, de Pauline Réage. Jodorowsky refusera (le roman sera plus tard adapté en France, dans une version soft sans intérêt), et, en représailles, le "salopard" Klein bloquera La Montagne sacrée et El Topo (dont il avait acquis les droits) pendant plus de trente ans !

Ses droits sur les chansons 60’s des Stones lui permettra, en 1975, d’éditer cette compilation très méconnue, Metamorphosis.

A propos de Cyril COSSARDEAUX

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