Mort de Bob Dogle, guitariste des Ventures et héros de la surf music

Ah, c’est sûr qu’aucune chaîne de télé n’a consacré la moindre émission spéciale à ce brave Bob Dogle… Nous même n’avons appris sa mort, à 75 ans, qu’une quinzaine de jours après qu’elle soit survenue, le 14 juin dernier !
Mais Dogle restera quand même comme l’un des co-fondateurs d’un des groupes les plus importants et influents de ce sous-genre que fut la surf music, dont la popularité fut absolument considérable l’espace de quelques années, au début des 60’s, pas seulement aux Etats-Unis mais aussi dans le monde entier. Sans surf music et ses guitares aussi expressives qu’agressives, peut-être n’y aurait-il jamais eu de garage rock, de rock psychédélique, de punk ?…

The Ventures au Japon dans les années 60, où ils tournent encore régulièrement aujourd’hui
The Ventures au Japon dans les années 60, où ils tournent encore régulièrement aujourd’hui

C’est avec Walk, Don’t Run, dès 1960, que les Ventures allaient signer l’un des premiers tubes planétaires du genre, en surfisant un morceau écrit cinq ans plus tôt par le guitariste jazzman Johnny Smith.
Ironiquement, les Ventures venaient de Tacoma, dans l’état de Washington, assez peu réputé pour ses spots de surf. Ça ne les empêchera pas d’exploiter la même veine pendant l’essentiel de leur carrière, qui se poursuit d’ailleurs, mais avec un line up évidemment sensiblement renouvelé.
Comme beaucoup de ces groupes (citons aussi Dick Dale et ses Del-Tones, les Tornadoes, les Lively Ones, les Surfaris, les Trashmen, Link Wray, Jan & Dean, voire les fameux Shadows – les Beach Boys, eux, n’ont jamais été à proprement parler un groupe de surf music, même si l’un de leurs premiers compositeurs, Gary Usher, peut être considéré comme une figure du genre), les Ventures se sont surtout illustrés dans la reprise, que ce soit de morceaux pop récents dont ils tentaient de surfer (ahah !) sur la vague du succès (Wild Thing ou Strawberry Fields Forever, par exemple, pour les Ventures) ou, plus fréquemment encore, de musiques de film ou de séries télé. Pour les Ventures, ça allait de l’inévitable thème de Hawaï, police d’état (forcément) à Shaft, en passant par Le Dernier tango à Paris ou le thème du vétéran hollywoodien Max Steiner pour Ils n’ont que vingt ans (A Summer Place), gros tube du début des 60’s.

Bien des guitaristes majeurs de la pop music de ces dernières décennies ont souvent reconnu leur dette envers les Ventures en général et Bob Dogle en particulier, que ce soit George Harrison, Joe Walsh (Eagles) ou John Fogerty (Creedence Clearwater Revival).

L’inévitable Walk, Don’t Run (admirez le jeu de scène) :






A propos de Cyril COSSARDEAUX

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