Melody Gardot – "My one & only thrill"

Comment ne pas succomber à la voix sensuelle et bien posée de Melody Gardot, lorsqu’emportée par un jazz cool, elle abandonne le texte pour du scat langoureux ? Ou encore lorsqu’elle sait alterner folk et jazz avec le même effort de persuasion, la même efficacité ? On appréciera donc, sans trop de limites, cet album de la Philadelphienne Gardot, le troisième après Some Lessons paru en 2005, alors qu’elle avait vingt ans à peine, et Worrisome Heart en 2008.
 
L’histoire de Melody Gardot, sa vie, est comme le jazz qu’elle chante : à la fois tragique et belle. Tragique parce qu’elle doit abandonner la piano, son instrument de prédilection lorsqu’elle est renversée par une voiture, et que, polytraumatisée, elle se trouve astreinte à une longue et douloureuse rééducation. Belle parce qu’elle est alors obligée de composer à la guitare et de faire marcher sa voix. Et que, naturellement, la musique lui sert alors de thérapie.
 
On comprend mieux, peut-être, pour peu qu’on soit perméable au sentiment  de l’Autre, pourquoi ses chansons touchent à ce point et provoquent l’empathie. C’est qu’elles expriment avec tempérance, telles des œuvres, ce qui n’est pas écrit et ne semble pas pouvoir s’écrire, et qui s’appelle l’espoir, la douleur, le combat, le calme et le retour sur soi.
 
Bien sûr le jazz de Gardot n’est pas nouveau et, peut-être, ne fera pas date dans la grande histoire de la musique tellement jalonne, dans ce genre, par les grands précurseurs du XXème siècle : Armstrong, Simone, Vaughan, etc. Pourtant, on saura, j’en suis sûr conserver à l’endroit de My One And Only Thrill, du respect et un peu de souvenir. L’album est composé de onze titres de 2 minutes 44 à 6 minutes 12 : un format classique. Les titres alternent jazz vocal, presque soul, jazz cool et folk. Et scat : lorsque la voix sert d’instrument. Les Etoiles, le titre 7, est chanté en français : ce qui est bien mignon, surtout avec l’accent.

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