Le disque vinyle fête ses 60 ans

En 1935, le philosophie allemand Walter Benjamin publia un court essai au titre explicite : « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique », essai dédié à la question de l’irréductibilité de l’oeuvre d’art, de sa singularité et surtout de la déperdition de cet aura originelle avec le développement des techniques de reproduction. Il était aussi question dans cet essai de l’émergence des arts photographique et cinématographique, la notion d’image donc.

La question pourrait se poser pareillement aujourd’hui autour de la musique avec la révolution numérique et la dématérialisation de ses supports. L’occasion aujourd’hui de faire un petit retour en arrière et de célébrer l’anniversaire du bon vieux disque vinyle puisque c’est en 1948 en effet que fut déposé par un certain Peter Goldenmark le brevet du disque à microsillons.

Véritable révolution, ce procédé permettait d’obtenir une surface beaucoup plus lisse (je vous passe les détails techniques) que tous les supports fabriqués jusqu’ici (les 78T par exemple) ce qui réduisait fortement le bruit de fond et augmentait d’autant la gamme des fréquences. C’est le 21 juin 1948 que, sous le sigle LP (Long Playing), ces disques seront commercialisés. La musique entre alors de plein pied dans le monde du marché global, le marché de la musique enregistrée est ainsi né, nous y sommes encore aujourd’hui et plus que jamais. En France, ce sera Eddie Barclay qui, au début des années 50, importera le procédé dans l’hexagone.

C’est bien entendu à partir de la seconde partie des années 60 que le marché va prendre sa grande et pleine expansion jusque l’apothéose de la fin des années 70 car déjà, et oui déjà, nous sommes en 1979, Philips (Hollande) et Sony (Japon) fabriquent les Compact disques et remplacent ce système de sillons par des « pits » lisibles par un faisceau laser, mais ceci est une autre histoire (qui commencera véritablement en 1983).

Le boom du CD sonna le glas du disque vinyle entendit-on bien souvent. Ce fut relativement vrai dans les années 80 (même si la démocratisation des lecteurs CD interviendra véritablement vers la fin des années 80) mais en fait essentiellement pour le grand public puisque par le biais du rap et de la techno (terme utilisé au sens le plus large possible) le disque vinyle conserva un rôle important.

Pour ces deux musiques et à la fois comme support de création (samples, set de DJ etc.) et outil de promotion/vente (niches musicales, marché restreint mais mondial etc.) le disque vinyle conserva longtemps et encore aujourd’hui une importance indéniable. Elles viennent s’ajouter à d’autres genres musicaux précis (le hard rock et le jazz essentiellement mais aussi le rock dit indépendant) pour qui il existe un conséquent marché d’amateurs forcenés ou d' »esthètes » de ce type de disques.

Fait nouveau ces dernières années, et alors que le mix de Mp3 remplace de plus en plus le mix de vinyles dans la communauté Dj, la nostalgie est aussi un atout maître pour la préservation du vinyle. C’est en partie pourquoi d’ailleurs un label comme Universal a lancé à la rentrée une opération vinyle en ressortant ’est Universal qui nous offre la surprise du mois en rééditant en mode vinyle de 180 grammes un certain nombre de références (environ 130) allant de Brigitte Bardot à John Coltrane en passant par Gainsbourg et James Brown.

Un support à qui on ne donnait pas 5 ans lors de l’explosion du Cd et qui est toujours là en 2008. Joyeux anniversaire au vinyle !!!

Et vous donc ? Oui, vous. Vous internautes égarés et visiteurs habituels de Culturopoing ? Quel est donc votre premier disque acheté en vinyle ? Et quel est la pièce de choix de votre collection, passée ou présente (qui n’a pas parmi les trentenaires et plus une caisse de vinyles dans une cave ou un grenier?)

A vous !

A propos de Bruno Piszorowicz

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