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Prenez d’une part la campagne de Russie, celle des nazis s’entend. Rajoutez-y la course cycliste Paris Roubaix, ainsi que, plus que jamais, année après année, édition après édition, le Hellfest. La campagne de Russie, Paris-Roubaix et le Hellfest, ces trois évènements partagent une accointance ténue avec la météorologie :

  • Quand il pleut ? Il y a de la boue et c’est l’enfer.
  • Quand il fait beau et chaud ? Il y a de la poussière et c’est l’enfer.

Cette édition 2017 restera dans nos mémoires comme la plus chaude et sèche de toutes nos visites du côté de Clisson (neuvième édition de rang tout de même) avec des températures dépassant dès l’apéro les 30° et une pelouse très rapidement brûlée, merci pour  cela à la petite brise qui fit tant de bien toutefois par moment mais qui contribua à déclencher une gigantesque opération Desert Storm (Tempête du désert) passé un premier jour plutôt préservé.

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Résultat, les journées du samedi et du dimanche se vécurent dans un halo poussiéreux de tous les instants, entre petite toux au petit matin et vraie gêne les jours suivants. Au moins les photographes se seront-ils fait plaisir en immortalisant ce petit caprice de l’été. Conséquence logique à cette épaisse chaleur, des soucis d’approvisionnement en eau dès le milieu de la journée du samedi et un rationnement inévitable alors que les châteaux d’eau fournissant la ville étaient également sollicités !

Rassurez-vous, le festivalier du Hellfest ne carbure pas qu’à l’eau claire, un nouveau record en matière de litres de bière ingurgités à de nouveau été battu cette année avec pas loin de 70.000 litres de plus que l’an dernier, soit un record porté à 350.000 litres de houblon consommés par les uns et les autres, tous les autres !

Vous ne manquerez pas de vous interroger, en bons méthodistes que vous êtes, comment diable est-il possible d’organiser l’approvisionnement des nombreux bars du site. La réponse consiste à un vaste réseau de pipelines souterrains qui approvisionnent ainsi directement chaque échoppe !

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Du côté des (autres) chiffres brut, cette nouvelle édition du Hellfest a fait le carton plein, ce qui est tout sauf un scoop avec la vente de l’intégralité des places sitôt la première mise en place et sans que le moindre nom n’ait alors fuité  (pareil empressement à la suite pour les mises en vente ciblées d’un petit stock de pass au fil des mois nous séparant de ce mois de juin). Au total donc, pas loin de 55.000 personnes présentes sur le site chaque jour (dont plus de 40.000 dès le jeudi, ce qui en fait le quatrième jour officieux du festival) auxquels on rajoutera au fil des jours les 3500 bénévoles et les 1500 techniciens mandatés pour accueillir le festivalier et les groupes à l’affiche de la meilleure des manières.

Des chiffres proches de ceux de l’an dernier donc, mais une sensation sur place bien plus fluide, respirable et confortable via les derniers aménagements réalisés par les organisateurs (voire la dernière lettre de notre abécédaire pour plus d’informations) pour une édition encore une fois excitante et plaisante à souhait.

Une édition que nous vous invitons, une fois de plus, à découvrir à travers différents angles d’approche et autant de lettres de notre alphabet.

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A comme ANCIENS

HELMET est un groupe qui ne date pas d’hier, ayant commencé ses méfaits discographiques en 1992, ce qui ne nous rajeunit pas. Le plaisir est grand toutefois à retrouver un groupe en pleine forme, hyper efficace, pour un concert énergique, mélodique et plein d’intelligence musicale. Des papys, sans doute (enfin…un peu comme nous, quoi), mais ils sont toujours là, et bien là !

TRUST est donc toujours sur la route. Et, à nos yeux et à nos oreilles, c’est dommage. Dommage parce si Bernie n’a jamais été un très grand chanteur, cela ne s’est pas amélioré avec le temps, et ce n’est pas un chapeau et une chemise (trop) colorés qui y changeront quelque chose. Dommage parce que, loin du feu qui brûlait, leur musique nous semble aujourd’hui datée, molle et sans entrain. Dommage parce qu’on est en fait assez triste d’être déçu. Mais ce n’est qu’un avis, et de nombreux autres, reprenant en chœur les morceaux,  ont certainement trouvé ce concert très bien, l’ »Antisocial » final finissant sans doute de les convaincre….

Pas besoin de fioritures inutiles quand, comme PHIL CAMPBELL (avec son T-Shirt « Joe Satriani ») et ses trois garçons (The Bastards Sons, hum), on peut juste proposer au public un rock n’roll bien gras, brut de décoffrage et super-efficace. Un frontmen qui assure, un duo avec le chanteur d’Ugly Kid Joe, une reprise de « Aces of Spades », que demander de plus à l’ancien membre de Motörhead pour être pleinement satisfait ?

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B COMME BJARKAN

Bjarkan est la dix-huitième rune de l’alphabet runique Futhark et signifie Bouleau. Et l’alphabet runique Futhark, c’est le concept unique de la musique de WARDRUNA, qu’on était curieux de découvrir en concert. Difficile en effet de définir la musique du groupe basée sur des mélodies envoutantes, des instruments folklorique (norvégiens), des bruitages naturels et une ambiance « ambient » prononcée. Et on n’a pas été déçu : une mise en scène très bien faite, statique mais basée sur les flammes et la lumière, des enchaînements d’ambiances puissantes ou poétiques, de voix féminine et masculine, de mélopées lancinantes et de moments plus orageux que colériques…. Un concert un peu mystique, ésotérique, mais très réussi.

C COMME CONFETTIS

La prestation de A DAY TO REMEMBER commença par un lâcher massif de confettis et de serpentins, serpentins qui restèrent à flotter au vent, accrochés aux colonnes du son, tout du long du set. Et on a vite compris où le groupe voulait en venir : enthousiaste, solides, parfaitement au point, les américains délivrèrent leur metal moderne, à la fois pop et hardcore, punk et heavy metal. Le public fut conquis, plus que nous sans doute, encore sous l’influence d’Ufommamut. Et un lâcher de confettis encore plus clore le concert. (MS2).

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D COMME DECEPTION(S)

Décidément, le très bon death/black plein d’ampleur du très bon groupe BEHEMOTH subit quelques difficultés pour s’installer sur la Mainstage du Hellfest sous le plomb d’un éclatant  soleil caniculaire. OK, la météo, ils n’y sont pas pour grand-chose, mais leur concert, qui nous a semblé moins bon que lors de leur précédente apparition, nous laisse un triste goût de pas assez… A revoir dans de meilleures conditions, certainement.

Behemoth Arte Live TV

TEXTURES, qu’on ne connaissait pas, était présenté comme un grand nom du prog metal européen. Sans doute, mais quand on n’accroche ni à la voix du chanteur, ni aux constructions mélodiques plus alambiquées que porteuses d’émotions, il est un peu difficile d’adhérer. (MS2)

On est resté plus que dubitatif devant la prestation de THE TREATMENT. A priori, le groupe marche très fort. Pourtant, un public assez clairsemé (mais tout est relatif) devant la Mainstage 2. Et leur truc, c’est pas mal fait : du metal hard rock plein d’énergie. Mais bon, trop bien coiffés, trop bien habillés, l’impression d’un spectacle rempli de poses trop construites… Peut-on parler d’un Boys Band, dans le monde du Metal ? (MS2)

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E COMME EMPEREURS

EMPEROR, ce sont les rois. Les rois d’un black metal intelligent et joué avec conviction. Sans fioritures inutiles (vestimentaires ou autres), ils firent hommage à leur répertoire légendaire (en particulier l’album de 1997, joué en entier) en alternant les ambiances, ce qui, quand on les connaît, n’est pas d’une évidence absolue. Un très bon concert d’un groupe de grands musiciens qui connaissent leur art jusqu’au bout des cheveux sagement coiffés, et qui savent vieillir sans se perdre ni se renier. (Temple)

Du côté de la Warzone, les seigneurs étaient au rendez-vous, même à une heure du matin, même pour une petite heure et puis s’en va, et les SUICIDAL TENDENCIES ont une fois de plus tout emporté sur leur passage, malgré des petits soucis de son au démarrage (une guitare en moins, c’est ballot pour lancer un concert) mais grâce à un groupe une nouvelle fois de première qualité, notamment avec l’ancien Slayer Dave Lombardo derrière les fûts, s’il vous plait. Prestation au pas de charge, setlist entre crossover, thrash, hardcore et groove mouliné jusqu’au vertige, il ne manquait rien à ce dernier concert du samedi, sinon une heure de plus.

Suicidal Tendencies Arte TV

F COMME FLUTE

BLOOD CEREMONY, c’est une expérience. Imaginez un mélange entre les premiers Black Sabbath, un petit air de Jethro Tull  (la chanteuse manie la flûte), et un orgue rappelant parfois presque Deep Purple : un mélange étrange dans le chaudron. Mais ça marche ! Très bien ! Les canadiens délivrèrent une prestation de doom metal impeccable, poétique et envoutante. Coup de cœur du jour, assurément. (Valley)

G COMME GEANTS

Un grand monsieur.  DEE SNIDER, venu cette fois en solo, pour remplacer WASP défaillant, a fait parler la poudre : un concert haut en couleurs, en mélodies, en hymnes bien connus, rempli d’hommages émouvants  aux disparus, d’humour et de nombreux « fuck » bien placés….. Dee Snider, c’est la toute grande classe, Dee Snider est un Grand Monsieur. (MS2)

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Autres grands moments, les prestations oh combien attendues de ROB ZOMBIE et de MINISTRY. Le premier nommé est un habitué des lieux et aime à visiter l’Europe l’été venu, de Dour au Download, du Hellfest au Wacken, avec des prestations qui ne sont jamais tout à fait les mêmes, mais surtout jamais tout à fait des autres. Avec un set assez épatant d’efficacité pour ce qui est de son groove metal comme d’un visuel parfait, achevé, hypnotisant, l’ami Rob allie entertainment et culture bis, habillant cette dernière des mêmes oripeaux disciplinés et propres sur eux qu’un groupe comme, au hasard, Mötley Crüe le fait (le faisait plutôt) avec l’esprit de rébellion. Tout y est savamment soupesé, raisonné, performé, oui certes, mais le résultat reste un petit sommet concernant les concernant. A côté de ce propret Doctor Jekyll, Al Jourgensen et sa bande de hooligans radioactifs passent aisément pour un Mister Hyde de concours, une version canaille, goguenarde et bancale juste ce qu’il faut, la même ivresse mais en aucun cas le même tonneau. Très en forme, Ministry a délivré un concert de metal indus engagé, très, mais rendu étonnement plaisant par la présence scénique du Monsieur, et par les refrains-à-reprendre-en-chœur hyper efficaces de la plupart des morceaux. Un grand nom, un grand concert, que demander de plus ?

Concert Ministry Arte Live TV

H COMME HAIR METAL

Certes, la notion porte toujours en elle une connotation péjorative, surtout quand les STEEL PANTHER sont sur la scène en ce bel après-midi du samedi, entre réel sens des compos et look caricatural, le tout porté par un discours d’une élémentaire et grivoise simplicité. Le spectacle reste toujours assez étonnant pour ce qui nous concerne de voir un groupe reprendre tous les clichés collés au genre (le spandex, le fluo, les boobs, les coupes de cheveux (ici perruques) laquées, le motif léopard, la gaudriole, toujours les boobs, le cuir, le kilo de bracelets à chaque poignet, encore des boobs etc.), en faire un spectacle musicalo-humoristique et emporter la mise face à une foule qui semble majoritairement conquise, et de loin.

Steel Panther Arte LIve TV

Le hair metal donc, un genre qu’on devrait accoler davantage à une époque qu’à un genre strictement musical. Cette période aurait son big bang avec l’apparition de MTV puis la montée en puissance de la première génération des groupes de Los Angeles (de Ratt à Mötley Crüe, de Dokken à WASP auxquels on rajoutera le cousin de l’est Twisted Sister), son annexion ensuite des charts américains (et pour une partie mondiaux) des années durant puis sa lente agonie sitôt que l’intro lançant « Smells like teen Spirit » de Nirvana commença à squatter les ondes.

Concentré devant Whitield et sa bande (Ugly Kid Joe)

Concentré devant Whitield et sa bande (Ugly Kid Joe) Photo DJ Duclock

Le hair metal enfin, son lot de vieilles gloires passées pour pertes et profits ou bien toujours, plus ou moins dignement, légèrement au-dessus de la ligne de flottaison. Comme les QUEENSRYCHE et leur « nouveau » chanteur qui firent belle impression l’après-midi du vendredi. Comme les UGLY KID JOE qui en firent de même le samedi bien moins sautillants qu’à leurs début mais toujours habiles à donner au public sa part de cool metal, un rock énergique mais viscéralement californien qui fait taper du pied. Comme enfin DEE SNIDER, l’ancien chanteur de Twisted Sister justement, eux qui mirent le feu au Hellfest l’an dernier de la plus belle des manières et qui revenait (déjà) sur les mêmes planches en format solo, s’autorisant ainsi, entre deux titres de son propre répertoire plutôt carrés, des superbes détours dans celui des autres (Reznor pour un « Head like a Hole » joué au carré et en force, Chris Cornell pour un bel hommage avec « Outshined ») comme dans celui de son groupe de toujours.

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Hair Metal enfin comme des groupes à la DEAD DAISIES, au casting sentant bon le hall of hame de la ligue 2 du genre (Corabi, Mendoza, Aldrich etc.) et au feeling rock’n’hard du meilleur tonneau ou bien encore les stars d’AEROSMITH, à leur tour en format « farewell tour » et qui rendirent, disons-le, la monnaie de leur pièce aux Steel Panther en donnant un concert un peu bancal truffé d’approximations (des digressions instrumentales donnant l’impression d’une improvisation hésitante, des chœurs balancés des coulisses avec un Tyler peu concerné par moment etc.) malgré une setlist évidemment imparable sur le papier. Le premier concert donné par le groupe à Clisson avait été un grand moment, même si Joe Perry y était bien moins en forme que pour cette cuvée 2017, on restera donc pudiquement (et affectueusement) sur ce souvenir-là.

I COMME ITALIENS (DO IT BETTER) 

UFOMAMMUT, c’est un nom bizarre pour un groupe bizarre venu d’Italie. Ufomammut, c’est du Sludge. Un Sludge très psychédélique, évidemment influencé par Pink Floyd. Mais Ufommamut c’est aussi de la puissance, une puissance énorme pour un trio. Ufomammut, ça te force à headbanguer que tu n’as même pas le choix. Et Ufomammut, enfin, c’est de la poésie. Oui, de la poésie hypnotique qui flotte encore dans l’air après la fin de leur intense prestation.(Valley)

J COMME JUMP ! JUMP !

Non, ta rage n’est pas perdue, définitivement. Pour le dire vite, les PROPHETS OF RAGE furent absolument et définitivement magnifiques. Point Barre. Et ce n’est pas un viking vexé par 10 minutes de hip hop qui fera changer d’avis les 50.000 personnes emportées par ce flux de hits foncièrement metal, délivrés avec grande classe et respect absolu. Le meilleur concert des trois jours, sans discussion possible entre deux MC sur un fil (Chuck D au Hellfest quoi !!) et un trio (l’assise musicale de Rage Against The Machine) plus que jamais au taquet. Les hymnes succédèrent aux hymnes (ne cherchez pas, ils étaient tous là), l’hommage instrumental à Chris Cornell pétri de belle sensibilité fit également son petit effet et la foule, magnifique alors que le soleil pointant la scène enjolivait le halo de poussière qui nous cerclait, un moment rare vraiment. Jump ! Jump ! (MS1)

 


  • Dj Duclock apparaît avec l’aimable autorisation de DUCLOCK BLOGSPOT
  • Cycy Opmind propose de centaines d’autres clichés sur son site CYCY PICS
  • Benoît Platton est une exclusivité CULTUROPOING®

 


Florilège de photos au fil des trois jour et du regard, par Dj Duclock et Benoit Platton

 

 

Crâne de l'Enfer

Crâne de l’Enfer

 

Le chien de l'Enfer

Le chien de l’Enfer

 

Hotfest 2017

Hotfest 2017

 

Où est Charlie ?

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Le Gobelet de l'Enfer

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