Hellfest 2009 – Report 2 (samedi 20 juin)

 

SAMEDI : Saturday night’s allright for headbangin’

La journée du samedi commence comme la veille avec un beau et plein soleil et puis par un petit déjeuner pris au Formule 1 de la ZAC Nantes-Est.
 
Oui, mais non.
 
Je vous arrête tout de suite.
 
Non un petit dej’ dans un Hôtel Formule 1 avant d’aller à un festival de Hard Rock ce n’est pas glauque du tout. Le repos est salvateur, la douche est chaude, le café fait du bien de même que les barres de céréales et les gaufrettes finement vanillées (oui on est un metalheadz’ mais on n’en reste pas moins un Boboroïde).

 

Le gueux sur le mono-matelas du haut, le VIPé sur le Matelas 2 places du bas
Et puis les Formule 1 c’est de la graine d’anecdotes, on le verra plus tard avec le coup de l’Hélicoptère mais anecdote déjà quand, à la table d’à-côté, 4 à 5 gars portant tee-shirt de Deicide, bedaine Amon Amarthienne et mollets de coq, discutent assurance-vie, Codevi et rentabilité tout en dégustant un cacaco, bien loin des clichés en faisant des amateurs de rock Extrême des geignards assoiffés de sang et de violence.
 
L’heure file cependant, même en matinée, et il est déjà l’heure de rejoindre la plaine ensoleillée pour une nouvelle journée pour une nouvelle orgie de frites surgelées, bières fraiches et Heavy-métal !
  
On commence avec un son pourri lors de la prestation de DAGOBA. Cela s’améliora heureusement par la suite pour permettre de découvrir sur scène ce très bon groupe français déjà pas mal efficace sur disque. Du métal moderne dans toute sa splendeur, finement exécuté (dans tous les sens du terme), les oreilles sont déjà au diapason d’une journée qui s’annonce poétique et lyrique (non j’déconne).
 
 Mais déjà la fatigue se fait sentir pour un de nos rédacteurs, il n’est pourtant que 13h45. Celui-ci préfère donc à la promesse d’une orgie de décibels rejoindre l’espace-détente VIP pour en humer l’ambiance et profiter au mieux des chaise-longues et des arbres ombrageux. C’est que c’est un jour d’été comme les autres finalement, Hellfest ou pas, c’est même le premier.
 
Imaginez un demi-terrain de foot, ombragé par des arbres centenaires, et sur lequel sont disséminés quelques abris de fortune ainsi que des chaises longues permettant au métalleux vanné de récupérer d’avoir hurlé « Die Die Piggy Piggy Die Die » en levant le poing lors du concert de Pig Destroyer. On accédait à ce havre de paix par un chalet bar/lounge et mini salle de concert (les Pastors of Muppets, nom génial et concert qui ne l’est pas moins !!!). Le lieu fut donc fréquenté par quelques célébrités, les Taake et autres Nashville Pussy déjà cités par exemple ou encore la totalité des groupes français habitués, ceux habitués la plupart du temps aux MJC de Vesoul et autres catering Leader Price et fort heureux donc de boire autre chose que de la bière blonde à cinquante centimes d’euros la cannette tiède avec leur taboulé au salami.
 
On y croisa aussi au fil du week-end John Petrucci (petit gros) de Dream Theater, le beugleur de Devil Driver (petit gros aussi), les musiciens de Death Angel (qui ne jouaient pas ce week-end mais rodaient backstage) et tant d’autres encore (les impressionnants Mad Sins dont on parlera plus bas, tous gros, y’a qu’des gros).
 
On connait l’adage de Jean de la Fontaine,
 
« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements des cerbères d’entrée vous donneront un pass standard tout blanc ou un pass VIP tout noir ».
 
Pendant ce temps-là donc l’infortuné rédacteur dénué du précieux sésame tenait bon la rame et le vent en compagnie des autres gueux, avec la satisfaction de pouvoir ainsi assister à un spectacle bigarré et plutôt de qualité.

 


Mad Sins, sèche-cheveux intégré à la contrebasse
(Photo Gregory Tran – Pixoph.fr)

 

C’est que le programme musical continuait en effet de plus belle :
 
– Un peu de surréalisme d’abord avec les MAD SINS : des Stray Cats à crête pratiquant un mélange de rockabilly classique, de punk et de contrebasse. Sympathique mais vite répétitif,
 
– Coup de cœur ensuite pour le combo franco-australien de KORITNI qui mit l’ambiance avec le groove de son southrock heavy-metallisé idéal sous ce soleil éclatant, du bon gros rock pêchu taillé pour la scène,
 
HEAVEN SHALL BURN ensuite et son rock primate pour headbangers primaires. Il y en a et ils durent apprécier ce death métal mélodique ou ce hardcore enroué, au choix.
 
Retour alors du rédacteur VIPé, reposé, massé, imbibé, et déploiement du dispositif dit de « La tenaille » visant à encercler les concerts à deux rédacteurs pour couvrir le plus large le plus large territoire possible.
 
Ainsi le sédentaire besogneux s’en va du côté de la Rockhard Tent dans laquelle MOONSORROW délivra son métal viking à base d’envolée lyriques et de claviers cornemuse, simple et efficace, tandis que le reposé-massé-imbibé reste face aux Main stages pour se prendre de plein fouet la déflagration DEVILDRIVER.
 
Une violence assourdissante, un frontman tatoué de partout (jusque sur les joues, ex Coal Chamber) et vociférant comme s’il venait de boire cul sec une canette de napalm, une prestation impressionnante malgré tout (parce qu’il faut assurer pour sortir de ce tsunami autre chose que du bruit) et un grand succès dans le circle-pit.
 
Auparavant c’était le son plus immédiat de PAIN qui se faisait entendre, un excellent mélange de mélodies guitarisées et de rythmiques électro-indus, franc et mérité succès pour ce groupe suédois.
 
C’est à ce moment que l’on fit LA rencontre de la journée : le sosie de Johnny Hallyday (sans tatouage de Rintintin sur le biceps toutefois), vêtu d’une simple jupe en cuir et le corps couverts de tatouages. Un peu comme si Braveheart et Crocodile Dundee s’étaient réincarnées dans le corps de Johnny, le monsieur Jourdain de la variété franco-belge tient là peut-être une future tenue de scène allez savoir.

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"Excuse-moi partenaire, de venir à toi, mais c’est avec ta vie, que tu joues là"
(Photo Nicolas Pataud – Le-Hiboo.com)

 

Mais revenons à nous prédateurs préférés.
 
Dans la Rockhard Tent toujours, IMMOLATION. Le style de musique pratiqué (du pur death métal) ainsi que sans doute le muscadet (après les Guinness !!) rend toute chronique ou parti-pris difficile. Disons que ca dépotait gras et que le public semblait aux anges, le rédacteur par contre moins.
 
Pour échapper un peu aux hordes de festivaliers à casque à pointe ou des festivalières tatouées de tête de chien (sic, on en a compté deux quand même, en trois jours ça fait beaucoup), on pouvait également se réfugier près de la boule sponsorisée par une boisson énergétique dans laquelle évoluait un, deux ou trois motards courageux, la « Ball of steel ». Le public fatigué pouvait observer l’évolution de la mobilité des motards dans la boule mais à condition de n’être point distrait par les discours de l’animateur plus habitué sans doute aux parkings de supermarchés qu’à un festival Métal et surtout par les Strip Teaseuses d’un fort beau gabarit qui escaladaient l’édifice en prenant des poses lascives, promptes à déconcentrer le premier des badauds.
 
L’après-midi passait lentement mais surement, douce léthargie agréable, menu fretin émotionnel, sourire en coin pour la moindre broutille, on était bien.
 

Sur la Main Stage toute proche, on put assister au concert de CRADLE OF FILTH. Pour eux pas de secrets : on aime ou on déteste leur black métal grandguignolesque assumé. Le public apprécia en tous les cas ce curieux spectacle d’un black métal grandiloquent et théâtral joué en plein cagnard en fin d’après-midi dans un champ de Loire-Atlantique et non dans une cave norvégienne le jour du solstice d’été. Qu’importe.

 

Chute à l’arrière !! Chute à l’arrière du peloton !!

 

Une remarque climatique sinon.
 
On connait l’adage du front de l’Est, adage ayant curieusement court également pour la course cycliste Paris-Roubaix.
 
« S’il pleut c’est un enfer de boue, s’il fait beau alors c’est un enfer de poussière ».
 
Un Hellfdust en quelque sorte que SOULFY va se charger de dynamiter l’affluence à coups de Circle pit ou de Deathwall endiablés et poussiéreux. Musique fondé sur deux critères : efficacité et énergie, multiples reprises de Sepultura (Refuse/Resist, Troops of Doom, Roots bloody roots, rien que celles-ci déjà !), un Max en bonne forme et qui fera monter sur scène son fils, derrière la batterie, ou encore un fan invité à cogner la mesure sur un gros tom de batterie. Un vrai bon moment de ce festival malgré les toussotements et les yeux qui piquent à la dissipation du nuage poussiéreux.
 
GOJIRA débarqua ensuite (désolé pour Amebix, c’était l’heure de déguster sa pitance et de boire une énième bière), gros son et public de bonne composition, une musique très efficace et très technique également mais qui gagnerait peut-être à laisser insuffler ici ou là une bonne dose de folie. Une agréable prestation toutefois avec en particulier un batteur impressionnant.

 
 
 


Let there night… and there were night,
let there be lights.. and there were lights
Let there be hard rock!
Les MISFITS prennent ensuite d’assaut la seconde Main Stage : Dégaines de voyous from outer space, musique limé au millimètre près et les potards à 10, il ne manque rien. Une prestation fiévreuse où les morceaux s’enchainent les uns derrière les autres sans aucun temps mort pour former au final un seul et même bloc de Punk’n’roll pour au final le même effet qu’une essoreuse.
 
Bien plus enthousiasmante cependant fut la prestation de MACHINE HEAD. Ces habitués des premières parties prestigieuses mirent le feu avec leur trash métal enthousiaste, sans doute un des tous meilleurs concerts de tout le week-end et peut-être un des meilleurs groupes de scène du moment, tous styles confondus. La patate du début à la fin, un Robb Flyn gouailleur en diable et un public conquis, il ne manquait là-encore rien, pas même un « Davidian » d’anthologie pour conclure ce meilleur moment de la journée !!
 
Il fallait être cinglé pour prendre la suite des Machine Head, l’attention d’ailleurs redescendait d’un cran une fois les lumières éteintes même si l’énergie était encore bel et bien là, un petit peu partout, en chacun de nous.
 
Cinglé ca tombe bien, Jaz Coleman l’est un peu ou du moins aime bien le faire croire.
 
Oui Jaz Coleman,
 
Car attention !!! Mythe en action : KILLING JOKE !!
 
Commençant timidement, le groupe propose ensuite un set épatant alternant rythmes tribaux à l’ancienne et morceaux plus métalliques. On eut même droit un enchaînement « Love Like Blood » / « Eighties » (vous savez, le morceau dont Cobain s’est inspiré pour son « Come as you are ») qui dut tirer une larme émue à certains nostalgiques. Un concert relativement boudé par une grande part du public, il est vrai sonné par Machine Head et guère au fait peut-être de cette magnifique cold-hard-new-rock-wave emmenée de main et voix de maître par un Coleman à la gestuelle toujours hypnotisante. Un joli succès toutefois même s’il restait circonscrit, une grande prestation.


Une star dans sa bulle, pas meilleure symbolique du concert de Marilyn Manson

 
 

La curiosité ou la fièvre étaient ensuite à l’œuvre, MARYLIN MANSON était attendu pour clôturer cette journée !! Malgré une superbe mise en scène (l’entrée de Marilyn avec caban de cosmonaute et chapeau stylisé de pirate) le show parut bizarrement trop sobre et trop léger. Même les aficionados du bonhomme semblaient déçus. Un concert raté en quelque sorte, pas de communication ou si peu, un concert en-dedans, une grande déception.
 
Nous quittâmes donc les adolescents, eux enthousiastes de voir leur seigneur et maître, pour rejoindre nos pénates et garer tant bien que mal la 307 Culturopoing près d’un hélicoptère. Une conclusion atypique pour une journée agréable.

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Clisson, we’ve got a problem
 

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