Elvis Perkins "Ash Wednesday"

Commençons par une petite parenthèse people en nous arrêtant 2 minutes sur la généalogie plutôt chargée du monsieur. Difficile d’y échapper quand on est le fils d’Anthony Perkins, l’inoubliable Norman Bates de Psychose, qui lui-même poussa la chansonnette à plusieurs reprises dans les années 50-60 en reprenant des standards de Cole Porter ou George Gershwin et mourut du sida en 92. Du coté maternelle ce n’est guère plus réjouissant puisque la mère du pauvre Anthony eut le malheur de se trouver dans un des 2 avions qui se sont écrasé sur les Twin Towers le 11 septembre 2001.

On ne s’intéresse pas tellement à ce genre de chose habituellement mais le disque dont il est question ici a été construit autour de cette tragédie. L’album est en effet scindé en deux par le morceau éponyme qui sépare les compositions écrites avant puis après le 11 septembre.
Je vous entends déjà : « hou la la encore un disque de pleureuse asthmatique qui vous plombe l’atmosphère pour la journée ». Ce serait oublier un peu vite que, depuis le Funeral d’Arcade Fire, on sait qu’un album construit autour du deuil peut être un formidable hymne à la vie. Ce serait surtout passer à coté d’un songwriting à la fois pudique, raffiné et sophistiqué.

Alors oui, on ne rigole pas tout au long de l’écoute d’Ash Wednesday mais ici point de pleurnicherie nombriliste. La mélancolie se mêle à la légèreté éthérée, les drames passés ne sont évoqués qu’a demi-mot, cachés derrière une écriture surréaliste aux métaphores souvent sibyllines qui peuvent rappeler Dylan.
Une des principales qualités du disque est de révéler une grande richesse musicale qui ne saute pas forcément aux oreilles lors des premières écoutes mais permet d’avoir un album assez long en bouche qui parvient à s’éloigner la plupart du temps du minimalisme folk qui aurait pu le plomber. Perkins est bien (toute proportion gardée) dans la ligné de la sainte trinité Folk-Rock (Cohen, Drake, Dylan) mais sait parfois s’en éloigner pour trouver sa propre voix en lorgnant par exemple du coté du cabaret (MayDay) ou en proposant des instrumentations originales (ici un violon aux accent tsigane, la une trompette latino..).

On peut juste regretter un léger essoufflement en fin de course mais ce Ash Wednesday reste porteur de très belles promesses.

free music

A propos de Culturopoing

Laisser un commentaire