Disparition de Miriam Makeba à 76 ans

C’est une grande dame de la musique africaine qui vient de s’éteindre, ce 10 novembre, près de Naples. Elle qui fut de tous les combats anti-apartheid pour en avoir directement souffert dans son Afrique du Sud natale (exil forcé de 31 ans !), elle sortait alors d’un concert de soutien à l’écrivain italien Roberto Saviano, menacé de mort par la camorra napolitaine depuis plusieurs mois, pour avoir eu l’audace de documenter ses sinistres agissements dans son roman Gomorra (adapté avec brio et succès au cinéma par Matteo Garrone).
Le symbole de toute une vie, qui ne fut pas seulement consacrée aux luttes politiques, mais d’abord à la musique.

Et, dans ce domaine, Miriam Makeba fut un drôle de précurseur, elle qui, bien avant qu’on ne parle de world music, signa le premier tube planétaire de musique africaine, la première chanson à envahir à ce point les ondes. On était en 1956 et cette chanson s’appelait Pata Pata.
Elle fut aussi l’épouse du grand trompettiste sud-africain Hugh Masekela, la première artiste de son pays à obtenir un Grammy Award aux Etats-Unis (pour un album en duo avec Harry Belafonte, en 1966), l’une de celles qui fit le show chez Mobutu pour le mythique combat Ali vs Foreman de Kinshasa en 1974, mais aussi une précieuse collaboratrice à l’immense succès du Graceland de Paul Simon en 1987.

Sans elle, pas sûr que la cause de l’ANC et de Nelson Mandela ait été aussi médiatisée et populaire en Occident, ce qui n’a pas été pour rien dans la chute de l’ignoble régime de Pretoria…

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