Concert de Pep's à l'Olympia le 5 novembre 2009

C’est donc début novembre que ce bon vieux Pep’s viendra fouler avec ses Caterpillar et sa guitare acoustique les planches de l’Olympia, célébrant ainsi en un seul et solennel moment à la fois l’apogée de sa carrière et sa (probable) conclusion.
 
Conclusion sans doute car son destin semble tout tracé :
 
Un premier album avec un succès miraculeux grâce à trois notes de douceur nunuche dans un monde de brutes ("Hey les mecs voilà que même les roadies de Tryo se mettent à faire des disques maintenant !") et un talent inconstant (bel euphémisme) pour tenir la distance pourtant pas bien longue d’un premier album soit une quarantaine de minutes (sans compter le remix spécial feu de camp du tube et une reprise à la con de Dave ou de Bernard Lavilliers pour compléter le Stop ou Encore de RTL).
 
Un second album plus ambitieux tant financièrement qu’artistiquement, enregistré à Abbey Road de Londres avec 98 musiciens anglophones derrière leur pupitre et notre chanteur hirsute (faut le comprendre, il campe près des studios dans sa kangoo) qui leur sifflotte tant bien que mal les arrangements de son probable futur premier extrait de l’album « Je m’lève le matin tête la première » tandis que le premier violon a le plus grand mal à ne pas se focaliser sur l’ongle corné du gros orteil qui dépasse de la sandale gauche (une première à Abbey Road de voir en gars en sandales).
 
Je m’lève tous les matins toujours la tête la première
Je suis à peine debout mais toujours avec le sourire d’hier
J’avale mes céréales et puis j’enfile mes sandales, mon veston
Je cours au marchand d’journal acheter du tabac et libération
 
Les nouvelles ne sont pas bonnes la société a mauvaise haleine
Heureu’sment j’ai guitare et mélodie pour son hygiène dentaire
Je griffone deux ou trois notes en tapant du pied sur mon tapis
Je chantonne deux ou trois mots et si ca rime pas et bien tant pis
 Yeah Yeah ! Nawana Tintin oyéyé mamayé
Yeah Yeah ! Nawana Tintin oyéyé mamayé

 
L’après midi il fait beau c’est pourquoi je sors pour prendre l’air
J’arpente les rues l’air idiot je souris tout l’temps j’peux rien y faire
Je souris à des jeunes et à des vieux, des noirs ou bien des blancs,
La vie est délicieuse quand comme moi on la traverse en souriant
 
La fumée des usines au loin me fait piquer le nez
C’est la fin d’après midi et je vais piquer du nez
J’m’arrête là sur un banc dans un jardin d’enfants
J’regarde s’amuser les momes j’ai envie d’ravoir 8 ans

 Yeah Yeah ! Nawana Tintin oyéyé mamayé

Yeah Yeah ! Nawana Tintin oyéyé mamayé
 
Le soir je rentre chez moi et je couche ce jour sur papier
Puis je prends ma guitare et j’y gratouille des Do-mi-ré
J’me couche bien fatigué cette journée fut bien belle
Je m’relève tout agité j’ai oublié de sortir les poubelles
 
La verte, la bleue la jaune et les trois sacs idoine en question
J’les jette tête la première et je retourne vite sous l’édredon
J’roule une clope sur un cd d’Janis près du cendrier en rotin
J’m’allonge une fois allumée et cherche une rime au mot « fin ».

 Yeah Yeah ! Nawana Tintin oyéyé mamayé
Yeah Yeah ! Nawana Tintin oyéyé mamayé
(Copyright "Prendre un Bornu par la main")

 
 
On appelle ça dans le jargon le "Syndrome Anaïs" (avec Dan the Automator dans le rôle d’Abbey Road, faut pas déconner y’a Obispo qui a ses entrées là-bas alors qu’à L.A (sic) c’est pas n’importe qui qui peut jouer de la guitare acoustique devant le gars qui a fait Gorillaz)
 
Je vous arrête tout de suite.
 
Oh je vous venir vous et vos gros sabots de redresseur de tort, vous et votre petit air d’empêcheur de conchier en rond.
 
Certes l’attaque est ici vile et disproportionnée, injuste même car après tout ce ne sont là guère que trois petites notes de musique qui plieront bientôt boutique au creux du souvenir. Ca en sera fini de leur gentil tapage elles tourneront la page et iront s’en dormir. Mais un jour sans crier gare elles vous reviendront en mémoire, toi qui voulais l’oublier ce petit air galvaudé entendus dans les rues de l’été lalalala.
 
Il n’est pas méchant le Pep’s, bien évidemment. Il débarque avec sa chanson, sa tête de moniteur de colo dans le Cantal et sa guitare acoustique de dépôt-vente dédicacée par Maxime le Forestier, Il surfe modestement sur la vague Tryo (même si lui il surfe couché sur une planche pour gamins), il lance les trois petites notes de sa chanson qui sent le campeur (ou qui pue des pieds, au choix) sans faire ni vouloir de mal à personne, sans cynisme aucun, juste avec la spontanéité béate d’un gars qui a l’impression de rêver éveillé quand il se retrouve à côté de Nagui à la salle de maquillage avant un passage télé.
 
Alors qu’il profite de cet été 2009 et qu’il savoure au maximum ce concert à l’Olympia de novembre, quand les dernières notes retentiront il sera temps alors pour lui de retrouver citrouille, souris et lézards. Pep’s est déjà bien éventé et il ne le sait pas encore.
 
 
 

"Je m’lève tous les matins toujours la tête la première

Je suis à peine debout mais toujours avec le sourire d’hier"

A propos de Bruno Piszorowicz

Laisser un commentaire