Catalogue de plantes / Bob Verschueren

Bob Verschueren est un artiste plasticien du végétal. Qui n’a pas déjà entendu parler de ses installations végétales un peu loufoques qui ont fait couler beaucoup d’encre lors de nombreuses expositions internationales ? Entre « land art » et « art minimal », il travaille sur le langage des plantes. Quel rapport avec la musique  a-t-on envie de dire ? Un beau jour, il laisse tomber des tiges annuelles d’érable et s’étonne des sons que cela produit. Cette découverte sonore lui donne envie d’explorer cette musique du végétal déclare t-il en 1987.

 


 
 
L’artiste nous livre donc ici une expérimentation sonore avec des végétaux en guise d’instruments. Stockhausen, Schaeffer se sont déjà lancés dans de telles expériences sonores  (pas avec des végétaux par contre…) pour étudier le son en lui-même et son comportement. Bob Verschueren viendrait donc se placer dans cette optique de recherche expérimentale sur le son pour en comprendre son langage ultime au travers celui des végétaux. Pourquoi pas a-t-on envie de dire mais est ce vraiment de la musique ? Si on considère la musique comme étant une succession de sons, cela peut en être mais si on pense que la musique est plus qu’une juxtaposition de sons, cela devient plus difficilement audible.
 
Passée la surprise de la première écoute, quelque chose ressort pourtant de l’enregistrement. Ce n’est pas du tout de la musique d’ambiance hors de prix que l’on peut trouver en grandes surfaces, à vocation soit disant de relaxation. Auditivement parlant, les sons sont souvent rugueux, secs, un peu comme dans la musique contemporaine classique, naturels, pas forcément de la musique plaisante. D’ailleurs la première écoute peut vraiment être dérangeante et les conditions d’écoute sont donc trés importantes : calme, écoute attentive afin de s’immerger peu à peu dans cet univers particulier. Celui-ci se dévoile peu à peu : musique du minimalisme, du microcosme, langage naturel de la nature, des végétaux, presque animale.
 
Pourtant les différences sonores entre les végétaux sont parfois trop infimes et l’aspect un peu répétitif des pistes peut être agaçant si l’écoute attentive est moins importante.
 
Une expérience sonore intéressante donc mais qui demande beaucoup d’écoutes pour se familiariser avec ce nouveau langage musical ; un langage savant pourtant si simple dans son expression qui peut nous emporter, ou pas.

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