Anoraak – "Nightdrive with you"

Il avait déjà été question en ces murs Culturopongistes de l’album de Minitel Rose, cette ode hédoniste aux synthétiseurs vintage, une musique sexy comme une italienne à forte poitrine portant mini-short en jean et blouson de cuir, une certaine idée de l’érotisme des années 80. Avec cet album d’Anoraak, musicien nantais lui-aussi comme le trio susnommé, on retrouve le même sillon mêlant nostalgie adolescente et plaisir d’aujourd’hui, un semblable penchant pour le synthétique estampillé early eighties au service des sacro-saintes mélodies, une pop synthétique qui se veut subtile et qui, laissez-moi vous le dire, y parvient sans faux col.

Je vois déjà galoper vers la sortie ceux allergiques au rose fluo, ceux qui ne jurent que par l’électro en blouson de cuir à la Justice ou en mode casque à pointe et grosse Bertha comme les Daft, je ne parle même pas des afficionados du folk neurasthénique ou a contrario du rock plombé et vindicatif. Ce disque pourtant a de quoi réunir sous sa bannière ( et tant pis si elle est en fluo et d’un goût douteux) les amateurs de belles mélodies, une sorte de plus petit dénominateur commun parmi toute la faune précitée en somme.

Ce court album (38 minutes dont le remix du morceau d’ouverture soit 10 minutes à eux deux) diffère tout de même à quelques égards de celui de Minitel Rose. Au-delà d’une pochette quasi-identique (ils le feraient exprès qu’ils ne le feraient pas autrement, il faut dire qu’ils sont du même posse cela aide) la musique d’Anoraak a des tonalités beaucoup plus pop là où celle de Minitel Rose se veut avant tout dansante. Par endroits, ceux les plus réussis d’ailleurs comme le ravissant « Nightdrive with you » ou encore «Never ending romance disaster », c’est à un autre groupe français que l’on pense, à savoir les Teenagers. Une même naïveté bienvenue dans l’approche des morceaux, un même sentiment joyeux et irrésistible aussi.

Attention, la pochette d’un disque de hard rock est cachée sur l’image

On notera aussi un « Endless Summer » (et non « Europe Endless ») aux tonalités mélancoliques très Kraftwerkiennes (à rapprocher aussi mais sans l’atteindre du magnifique « Glam bucket » du dernier Underworld). On relèvera tout autant néanmoins un synthé basse un peu trop balourd sur un morceau ou deux (« Midnight star » voire « Sunday night fever »), un pléonasme peut-être d’ailleurs.

Quoiqu’il en soit un fort bon premier album pour le nantais Fred aka Anoraak, une musique simple et sans prétention et qui réussit le plus souvent à intéresser, caresser et finalement séduire (peut-être pas dans cet ordre remarquez). Une musique qui porte bien son nom, un anorak en acrylique qui tient bien chaud et tant pis s’il est violet fluo et bleu et tant pis aussi si l’acrylique gratte. Un album qui s’écoute avec plaisir et contentement de soi quoiqu’il en soit, oui car cette musique ne distille que des ondes positives.

A propos de Bruno Piszorowicz

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