Hélène Gaudy – "Quand j'étais Cagibi"

Amy est une petite fille. On ne l’oblige pas à manger des escargots et elle ne s’installe pas dans la cime des arbres comme le baron perché d’Italo Calvino. Mais on ne l’écoute pas, on lui coupe tout le temps la parole, alors elle prend la décision plus prosaïque de s’enfermer pour toujours dans le cagibi. C’est comme ça qu’elle change de nom…
 
« Je suis devenue Cagibi un vendredi »

Dans sa nouvelle demeure, elle peut enfin s’inventer un monde à elle et à sa mesure. Elle retrouve ses vieux jouets, elle rêve, se construit un igloo. Elle s’organise. Mais de l’autre côté de la porte, la vie continue : on va à l’école, on va au travail, on fait des pâtes à la tomate… La décision de Cagibi est irrévocable mais elle aimerait parfois bien qu’on vienne l’embêter ou que son père défonce la porte. Et elle aimerait aussi que cette réclusion volontaire et  définitive contrarie un peu la paix familiale…
 
« Dans la cuisine, j’entendais le bruit des fourchettes de maman et Rosa. Ça voulait dire qu’elles ne se parlaient pas. J’ai espéré que c’était à cause de moi, que mon gros silence de cagibi était en train de gagner toute la maison comme les virus dans les films d’action. »

Alors la petite fille navigue entre deux eaux… Tout aussi décidée à ne jamais rompre son vœu d’isolement que tentée de renouer avec les siens. Mais finalement, elle aura aussi appris quelque chose aux autres. Et chaque membre de la famille découvrira à son tour les vertus apaisantes du cagibi…
 
Jusqu’à présent c’est plutôt sur le terreau trouble et mouvant de l’adolescence qu’Hélène Gaudy avait trouvé matière d’écriture. (On recommandera notamment la lecture de son très beau roman «Si rien ne bouge», paru au Rouergue en 2009). Avec ce nouveau récit, elle s’adresse pour la première fois aux moins de dix ans. «Quand j’étais Cagibi» porte un regard juste et tendre sur cette période de la vie où l’on attend déjà de devenir quelqu’un d’autre – tout en rêvant secrètement de rester le même…
Le texte est accompagné d’illustrations d’Emilie Harel.

Paru aux Editions du Rouergue le 06/02/13.

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