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Bernhard Schlink – "Mensonges d’été"

Bernhard Schlink, l’auteur allemand émérite du best-seller « Le liseur », nous gratifie cet été de sept nouvelles enthousiasmantes. Comme rarement, l’unité du recueil est remarquable, grâce au thème transversal et à l’écriture efficace du romancier. Artistes, intellectuels ou assimilés, les personnages de ces histoires intriguent, intéressent et permettent à la fois l’identification dans un juste mélange d’aplomb et de faiblesse. Cette ambivalence sert admirablement la thématique : le mensonge, dont ils font tous l’expérience et qui traduit le plus souvent chez eux une peur du changement ou une volonté de sauver les apparences.
Une rencontre en Afrique du Sud, un acte manqué, de la jalousie inavouée, la bienveillance, l’orgueil, une émotivité baillonnée, un amour de jeunesse réinterprété : autant de raisons de mesurer son quotidien et de le mettre en perspective avec le champ des possibles. Bernhard Schlink questionne l’acquis, le caractère de ses personnages afin de mettre en évidence la liberté inaliénable pour chacun de s’arranger avec la situation, un parti pris qui évite tout manichéisme quels que soient les enjeux. Il s’agit pour la plupart de choix de vie, souvent liés au couple, montrant le poids de l’intuition.En quelques lignes, le décor et les personnages sont plantés, Bernhard Schlink a ce don d’entrer rapidement dans le vif du sujet grâce à des ambiances familières et tangibles. On y notera la place centrale de la famille, clé de voûte de la plupart de ces nouvelles : signe d’accomplissement, cocon à protéger, alibi, élan vital, mais aussi carcan et vitrine. L’auteur utilise également les voyages pour porter ses récits, renforcer leur construction rythmique et mettre en relief les décisions des protagonistes. En Allemagne, en France, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud, le mensonge crée les mêmes failles, sobrement mises en valeur par un auteur que l’on (re)découvre avec plaisir et impatience.

Paru aux Editions Gallimard.

désaccords imparfaits jonathan coe gallimardCHEZ LE MEME EDITEUR :

« Désaccords imparfaits », Jonathan Coe (nouvelles)

 

Contrairement à celles de Bernhard Schlink, les nouvelles de Jonathan Coe ne parviennent pas à rassasier le lecteur estival en quête de fiction. Il s’agit là d’anciens textes, fondateurs pour certains, mais incomparables aux romans de l’Anglais. Cette parution, décevante pour les inconditionnels, restera anecdotique pour ceux qui voudront commencer la lecture de Jonathan Coe par des récits plus courts que ses excellents et longs romans tels que « Testament à l’anglaise » ou « La maison du sommeil »…

A propos de Sarah DESPOISSE

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