bd-3-portraits-de-femmes

Ces trois bandes-dessinées ont le point commun de raconter des destins de femmes. Au Japon, de la Hollande au Surinam et au Mexique, chacune à leur époque, Tomoji, Maria et Frida ont accompli une œuvre et légué un héritage universel. Ces ouvrages, au-delà de l’accomplissement certain de chacune et en prenant plus ou moins de distance avec la réalité, évoquent ce qui a pu influencer leurs tempéraments et leurs trajectoires.

elle-s-appelait-tomojiDOUCEUR
« Elle s’appelait Tomoji »
Jiro Taniguchi (illustration) – Miwako Ogihara & Jiro Taniguchi (texte)
Paru le 21/01/15 aux Editions Rue de Sèvres
Contrairement aux deux bandes-dessinées suivantes, celle-ci confesse une liberté de fiction assez importante par rapport à la biographie de la véritable Tomoji Uchida. Les auteurs ont donc délibérément brodé autour de cette histoire vraie, en laissant la part belle au dessin, empreint de douceur et de poésie. Ici, le seul élément réel certain est que Tomoji Uchida a fondé un temple bouddhiste dans la région de Tokyo. Pour le reste, on embrasse bien volontiers l’histoire de sa famille dans le livre, mêlant ruralité, douleur et amour. Le fond et la forme sont d’une émouvante délicatesse.

Maria-Sibylla-Merian-bassdef-276x350DÉTERMINATION
« Maria Sibylla Merian – La mère de l’écologie »
Yannick Lelardoux (texte & scénario)
Paru le 29/01/15 aux Editions Naïve Livres
Cette femme assez méconnue du grand public a révolutionné la recherche entomologique et botanique. En s’évadant d’un mariage malheureux, puis de la religion où elle s’était réfugiée, et en transgressant les règles de l’époque, Maria Sibylla Merian a réussi à imposer son intérêt passionné pour les insectes. A un âge déjà avancé et accompagnée d’une de ses filles, elle décide de voyager au Surinam pour aller observer les insectes dans leur milieu naturel. On lui doit la découverte de nombreuses espèces exotiques. Comme les autres volumes de la collection (dont l’excellent consacré à Virginia Woolf), la narration suit une logique biographique assez exhaustive avec un ton léger. On découvre un personnage franc et décidé, doté d’une ouverture d’esprit avant-gardiste. Ses planches botaniques, encore célèbres aujourd’hui, méritent tout à fait le coup d’œil après la lecture de cette bande-dessinée passionnante.

frida-kahloIMPÉTUOSITÉ
« Frida Kahlo »
Jean-Luc Cornette (scénario) – Flore Balthazar (dessin et couleur)
Paru le 18/02/15 aux Editions Delcourt
Si l’on connaît déjà les grandes lignes du parcours de Frida Kahlo (notamment grâce au film « Frida » de Julie Taymor avec Salma Hayek), cette bande-dessinée s’attache particulièrement au caractère indépendant de l’artiste. On observe ici notamment ses convictions politiques, marquées par l’implication de son mari Diego Rivera au sein du parti communiste et par sa rencontre avec Léon Trotski, mais aussi ses amours tumultueuses et son refus d’endosser l’étiquette de peintre surréaliste qu’elle considérait comme réductrice. Dans cette bande-dessinée pleine d’ellipses au niveau biographique, le personnage de Frida Kahlo éclate en couleurs et se fait l’épicentre de passions, d’inspiration. Cette relecture donne une envie irrépressible de se plonger dans les œuvres, quasi-absentes de l’ouvrage au profit de ce fascinant portrait de femme. Seul bémol, un dessin qui manque parfois de force dans les visages, en particulier pour les personnages secondaires qui sont parfois difficiles à distinguer les uns des autres.
bandeau-dialogues-blanc-pluriel

A propos de Sarah DESPOISSE

Laisser un commentaire