UrsulaLagune

Voir Venise et … la soeur d’Ursula : 2 nouveaux giallos chez Le chat qui fume en Septembre !

On arrête plus Le Chat qui fume qui va exhumer fin septembre deux giallos tout à fait indispensables, mais pas forcément pour les mêmes raisons.

Lagune

Réalisé par Antonio Bido, Terreur sur la Lagune est un giallo de très belle facture, qui témoigne de l’élégance de ses prédécesseurs, tout en anticipant déjà sur la transition, l’entrée dans les années 80s, vers plus de violence, de sexualité et de réalisme. Captivante atmosphère, donc, avec la superbe Stefania Casini de Suspiria. Terreur sur la Lagune se déroule aux alentours de Venise et fait partie de ces giallos ruraux qui exploitent toute la dimension anxiogène d’un lieu un peu reculé, loin de la fureur citadine, comme l’avait si magnifiquement exploité Pupi Avati avec La maison aux fenêtres qui rient (dont on retrouve d’ailleurs l’acteur principal). Car Terreur sur la Lagune ne se passe pas à Venise, mais près de Venise.

Terreur sur la lagune est une production particulièrement soignée, belle et haletante, portée par une très belle photo de Mario Vulpiani et une partition très inspirée de Stelvio Cipriani.

Et les bonus:
– Mort à Venise par Jean-François Rauger (20 mn)
– Le monstre de Venise, interview du réalisateur Antonio Bido (36 mn)
– Profondo Noir, interview de l’acteur Lino Capolicchio (24 mn)
– Les photos du crime avec Antonio Bido (11 mn)
– Danza Macabra d’Antonio Bido (16 mn) avec présentation (7 mn)
– Générique anglais du début et de fin alternatif (3 mn)
– Terreur sur la lagune en mode VHS
– Films annonces

Ursula

Et la même année sortait La sœur d’Ursula d’Enzo Milioni qui s’inscrit dans le versant le plus opportuniste du genre, constituant un peu les prémisses de sa mort : le giallo peine à se renouveler mais trouve son dernier souffle dans une surenchère d’érotisme et de violence et si possible en entremêlant les deux, comme si le genre dans ses extrêmes aimait aussi flirter avec la pornographie.
Qu’on ne s’y méprenne pas, le film fut massacré par des producteurs avides d’appâter le spectateur en ajoutant du cul et encore du cul (ne cachez pas que ça vous attire un peu tout de même…). Les propos du cinéaste Enzo Milioni nous éclaireront sans doute sur ce qu’aurait pu être La sœur d’Ursula, le film rêvé qui n’aura jamais vu le jour. Dans cette sombre histoire de deux sœurs dont l’une est nymphomane et l’autre terrifiée par le sexe, les meurtres sont ouvertement sexuels et s’apparentent à des viols, au point que l’arme du crime … non, mais on ne va pas vous le dire !  On pourrait rire de cet aspect le plus douteux du giallo, et pourtant le film reste à la fois dérangeant et bien mené, dépassant finalement l’intérêt du simple plaisir coupable. Il faut dire que l’interprétation de la magnifique Barbara Magnolfi y est pour beaucoup, tout comme celle de l’excellent Marc Porel.

Bonus :

– Ursula c’est moi, interview du réalisateur d’Enzo Milioni (38mn)
– Io Sono Ursula, interview de l’actrice Barbara Magnolfi (23mn)
– 3 gialli par Philippe Chouvel (Psychovision) (6mn)
– Films-annonces

Les deux films seront en pré-commande dès la fin du mois d’août sur le site du Chat qui fume.

A propos de Olivier ROSSIGNOT

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