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Proposer des films inédits qui mettent en exergue la diversité culturelle des sociétés modernes est la mission du Festival International des Films de la Diaspora Africaine qui continue du 9 au 11 septembre 2016. Avec la projection de 11 films inédits, le projet social de la manifestation est de favoriser le dialogue des cultures à travers des projections de films et des débats.

Nos Plumes, de Keira Maameri, se présente comme l’événement de cette sixième édition : projeté en première mondiale, ce documentaire met en avant une « nouvelle vague » littéraire hétéroclite. On la dit urbaine pour définir sa modernité et sa langue traficotée à partir d’une oralité contemporaine née dans les banlieues. Littérature de la ville, littérature de la banlieue, littérature jeune ? À travers un dialogue avec les auteurs Faïza Guene, Berthet One, Rachid Djaïdani, El Diablo et Rachid Santaki, la réalisatrice est partie de ces interrogations pour explorer notre rapport au contemporain, au neuf, à l’irruption d’un ailleurs littéraire, en construction, qui transforme notre vision du monde et de la littérature.

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En ouverture, le FIFDA 2016 propose non pas un, mais deux films qui interrogent deux sociétés aujourd’hui en turbulence. Déjà auteurs de Black (2015), variation urbaine et violente du Roméo et Juliette de William Shakespeare dans le Bruxelles actuel, Adil El Arbi et Bilall Fallah signent Image, film dans lequel une jeune journaliste ambitieuse employée par la télévision Belge, dans l’équipe du fameux Herman Verbeeck, est déterminée à relater une histoire en lien avec les émeutes de Molenbeek, à Bruxelles. Elle rencontre Lahbib, un Marocain au passé sombre qui est son guide dans son monde complexe et brutal. Elle veut peindre un portrait réaliste, mais son patron voit un moyen d’exploiter l’histoire de son employée en présentant une image de violence sans frein. Il souhaite ainsi augmenter l’écoute et gagner la bataille des médias, toujours plus compétitive.

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Film inédit en Europe, Supremacy, du réalisateur Afro-Américain Deon Taylor, se base sur une histoire vraie, celle d’un néo-nazi qui, à peine sorti de prison, tue un policier et se cache avec son complice dans une maison d’afro-américains. Pris en otage avec sa famille, le patriarche de la maison, joué par Danny Glover, est un ex-taulard qui doit compter sur son intelligence et sa compréhension de la mentalité de son kidnappeur pour garder sa famille en vie.

Le programme de clôture est dédié aux femmes avec trois films qui proviennent d’Égypte, des Etats-Unis et de Belgique et qui évoquent la condition des femmes dans ces pays d’une façon directe, éloquente et sensible. Dans le court-métrage égyptien inédit à Paris, Printemps Hivernal de Mohamed Kamel Nour, une collégienne, qui vit seule avec son père, est bien embêtée le jour où elle devient une femme sans pouvoir lui en parler. Insoumise, de Jawad Rhalib, évoque le parcours de Laila, une jeune informaticienne marocaine sans emploi qui s’insurge contre les injustices, d’abord au Maroc après les turbulences du Printemps Arabe et ensuite en Belgique où elle travaille comme saisonnière dans la petite exploitation agricole familiale d’André.

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Présenté en avant-première Européenne en collaboration avec l’Ambassade des Etats-Unis à Paris, La Belle Vie / The Good Life, de Rachelle Salnave, relate le voyage qu’effectue une cinéaste américano-haïtienne pour découvrir ses racines en examinant les complexités de la société haïtienne. La Belle Vie est un documentaire passionnant qui explore à la fois une histoire personnelle et nationale et traite avec lucidité les questions brûlantes d’appartenance et d’identité.

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Le festival n’oublie pas d’évoquer des thèmes liés à l’image de l’autre et la place de chacun dans la société. Ainsi, Ben et Ara de Nnegest Likke (Etats-Unis), conte l’histoire d’amour entre un Blanc américain agnostique et une femme musulmane noire africaine. Dzaomalaza Et Les Mille Soucis, de Mamihassina Ra’ozoa (Madagascar), met en avant différentes problématiques auxquelles les jeunes font face. Avec un sujet similaire, Mercy’s Blessing, de May Taherzadeh (Malawi), parle d’un adolescent qui rêve de sortir de la pauvreté. Hogtown, de Daniel Nearing (Etats-Unis), est qualifié comme « le film le plus original sur Chicago tourné à Chicago jusqu’à présent » d’après le Chicago Sun-Times. La sélection touche aussi des sujets historiques peu connus avec Héros Invisibles : Afro-Americains dans la guerre civile espagnole, de Alfonso Do’go et Jordi Torrent (Etats Unis / Espagne), qui se souvient de quatre-vingt-cinq Afro-Américains qui répondirent à l’appel d’une guerre lointaine pour se battre pour leur propre liberté.

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À travers cette sélection, neuf pays sont représentés : Etats-Unis, France, Madagascar, Belgique, Maroc, Espagne, Egypte, le Malawi et Haïti. Pour représenter au mieux les films et ces différentes nationalités, les réalisateurs/trices Deon Taylor, Rachelle Salnave, Keira Maameri, Daniel Nearing, May Taherzadeh et la productrice de Héros Invisibles : Afro-Americains dans la guerre civile espagnole, Mireia Sentis, ainsi que l’acteur de Image, Nabil Moussali seront là pour participer aux débats. Ceux-ci se dérouleront à l’issue des projections aux cinémas Etoile Lilas et la Clef, respectivement situés dans le 20ème et 5ème arrondissements.

 

Sixième Festival International des Films de la Diaspora Africaine

Du 9 au 11 septembre 2016

Programme, horaires, adresses et infos supplémentaires sur le site du festival : http://www.FIFDA.org

E-mail : fifdaparis@gmail.com.

Tél. : 01 43 15 99 51

A propos de Thomas Roland

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