Concours Outplay / Culturopoing : « Butterfly Kiss » de Michael Winterbottom à gagner

En 1995, un cinéaste britannique de 34 ans envoyait une bombe qui allait laisser plus d’un spectateur sur le carreau. Sorte de Thelma et Louise trash au pays de l’Angleterre prolo d’un Ken Loach ou Alan Clarke, Butterfly Kiss n’aurait pu être qu’une provocation vite vue, vite oubliée. A l’arrivée le premier long métrage de Michael Winterbottom se révèlera une magnifique balade meurtrière et douloureuse plus proche de La balade sauvage de Malick que d’un Doom Generation, dans sa propension à joindre de manière inéluctable les personnages au décor, avec en filigrane le portrait contemporain d’un pays.

La folie criminelle d’Eunice son héroïne lesbienne et masochiste (Amanda Plummer, inouïe) saute autant aux yeux que l’innocence de Miriem, presque simple d’esprit, fascinée comme une enfant – l’attirance charnelle en plus – par cette compagne de voyage, au point d’en tomber amoureuse. Butterfly Kiss, se pose au delà de la morale, au delà des crimes de ses protagonistes. En marge.

Il est beaucoup question d’attraction justement dans Butterfly Kiss qu’il s’agisse de celle de l’interdit – du crime, de l’acte hors-la-loi – de celle du rapprochement sexuel ou encore de celle qui consiste à côtoyer les extrêmes dont la mort paraît l’ultime étape. Tout le cheminement du duo trahit son extraction du monde et de la société, de la vie même. Les héroïnes se placent-elles en marge par choix originel ou s’approprient-elles un rejet dont elles furent victimes ? Le film n’apporte pas de réponse, mais derrière cette fureur homicide, respire ce refus de la norme, cette passion pour la liberté que les deux héroïnes respireront, un temps seulement. On pourrait presque y voir un reflet contemporain des romans noirs anglais, dans cette esquisse de personnages maudits par le monde, évoluant contre la société et errant dans les ténèbres. Fiévreux, troublant, totalement inconfortable, car ne dissociant jamais sa beauté de sa douleur, à la fois punk et romantique, Butterfly Kiss n’a rien perdu de sa superbe plus de vingt après.

Olivier Rossignot

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Nous vous invitons en partenariat avec Outplay à gagner des exemplaires de Butterfly Kiss en blu ray, si vous répondez aux questions suivantes avant le 21 septembre 2017 à 0h00.

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