Concours Elephant / Culturopoing : « Des combos de « L’esprit de Caïn » de Brian de Palma à gagner »

Dans la filmographie de De Palma, L’esprit de Caïn fait parfois figure de vilain petit canard. Mal aimé, parfois même par ses fans, il a pourtant acquis au fil des années un certain statut culte, au point qu’un admirateur absolu du film Peet Gelderblom cinéaste néérlandais, convaincu de cette injustice, se soit décidé à le remonter en suivant pas à pas le scénario d’origine avant que De Palma ne le modifie. Moins éclaté que dans sa forme originelle, cette nouvelle version, approuvée par le maître lui-même, éclaire le film sous un nouveau jour, plus linéaire, plus proche sans doute de la narration de ses thrillers hitchockiens les plus connus. Mais sans lui faire perdre sa folie.

De fait, il était effectivement temps de rendre justice à L’esprit de Caïn, tant il s’avère – quelqu’en soit le montage- une œuvre majeure au sein de la filmographie. Nous sommes en 1992, et après Body Double (1984) et Mafia Salad, De Palma à enchaîné trois films nettement plus commerciaux (Les incorruptibles en 1987 Outrages en 1989, Le Bucher des vanités en 1990). Quelque part on pourrait comparer L’esprit de Caïn avec ce que fit Cronenberg dans ExistenZ. De Palma revient donc à ses premiers amours avec un film somme qui regroupe toutes ses obsessions mais, sans hésiter plonge dans l’ironie avec jubilation, valsant entre des variations hitchockiennes qui partent quelque fois d’une scène (la voiture qui s’immerge dans Psychose), voire d’une seule image ou d’un accessoire (la perruque de Norman Bates), les citations de ses propres films (l’omniprésence de Pulsions est évidente) et un mélange des genres et des esthétiques salvateur entre l’horreur, la comédie, le soap opera et quelques autres. De Palma a toujours aimé fusionner trivial et sublime et l’on peut dire que cette confrontation atteint sans doute son acmé avec L’esprit de Caïn. L’interprétation survoltée de John Lithgow y est sans doute pour beaucoup. S’il en fait des tonnes, c’est au service d’un film totalement excessif, baroque dans sa forme, déchainé, osant rigoureusement tout dans une forme qui semble se réinventer par la répétition mêmes des archétypes de palmesques – plans séquences vertigineux, décomposition du temps qui nous laisse percevoir chaque fragment… – et par cela même en deviennent avant-gardistes. L’exposition outrageante de la forme et des « trucs » de l’intrigue se révèle in fine extrêmement novateur. Au point qu’aussi méprisé qu’il soit, le film continue de faire des petits, comme peut en témoigner la sortie récente du Split de M. Night Shyamalan. S’il n’abandonne pas l’hommage hitchcockien, De Palma effectue surtout à travers L’esprit de Caïn une remarquable déclinaison du Peeping Tom de Powell, offrant à Carter les mêmes traumatismes que ceux du héros de Powell, que son père filmait , étudiait en provoquant des situations de peur. La schizophrénie de Carter est en effet ici intégralement la création de son géniteur, et il continue à filmer sa petite fille et à l’étudier, tel un héritage maléfique. Plus encore, c’est dans l’enfance du cinéaste lui-même qu’il convient de puiser l’image de ce père corrupteur, ce chirurgien qui obligeait parfois Brian a assister à des opérations. Par ce truchement de l’image dans l’image, ce déchainement d’une mécanique gigogne de l’inspiration, comme un reflet des multiples personnalités contenus en un seul homme, L’esprit de Caïn se révèle peut être l’une des plus belles mises en abimes du cinéma de De Palma par lui-même. Et quelque part, une magnifique confession.

On est donc ravi de vous faire gagner des exemplaires de L’esprit de Caïn, dans cette magnifique édition qui comprend les deux montages et quelques superbes suppléments, si vous répondez aux questions suivantes avant le 15 avril 0h00.

L’Esprit de Caïn de Brian De Palma (USA, 1992) Coffret Collector 2 Blu Ray + DVD + Livret édité par Elephant Films
Blu-ray version cinéma :
Présentation du film par Stephane Du Mesnildot (20′)
Bande-annonce originale
Galerie photos
Blu-ray Director’s Cut :
« L’Esprit de Caïn, le remontage » : un essai vidéo de Peet Gelderblom (13′)
« Le changement de Caïn » : la restauration (3′)
Galerie photos

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