Concours Les films de ma vie – Culturopoing : de la furie, des beignets dans les Dunes

Le concours que nous vous proposons ce mois-ci constitue une forme de grand écart : il nous sera plutôt compliqué de trouver des rapports entre Beignets de Tomates Vertes, Dune et Furyo, mais ces ressorties en HD témoignent de la renaissance des mythiques éditions VHS puis DVD : Les Films de ma vie. Qui n’a pas vu sa collection Bergman, Mizoguchi ou Kurosawa… s’agrandir avec ce petit logo bleu en signe de reconnaissance ?

Gros succès public en 1991, l’adaptation du best seller de Fannie Flagg Beignets de Tomates vertes constitue une forme de condensé du feel good movie féminin, avec cette superbe histoire d’amitié intergénérationnelle et ses allers-retours temporels, de la jeunesse d’une vieille dame à celle du présent. Une belle vision des amitiés qui perdurent et qui traversent le temps, au delà des épreuves de la vie … avec la bouffe comme point de rencontre. On pourra trouver ça cliché, mais force est de reconnaître que le film fonctionne toujours bien.

Que dire de Dune de David Lynch ? Projet avorté de Jodorowsky dans les années 70, après avoir failli être réalisé par Ridley Scott en 1981, l’adaptation du roman de James Herbert échût donc au réalisateur d’Elephant Man, peu habitué aux blockbusters et surveillé de très près par le producteur de Dino De Laurentis qui veut veiller à l’aspect « grand public » de l’ensemble. Lynch sera contraint de couper son montage original, rajouter une voix off, au point qu’il soit souvent tenté de renier cette œuvre.  On sait que Dune n’est pas le Lynch ayant meilleure réputation. Pourtant, indéniablement, à la revoyure, il demeure une film totalement hors-norme qui porte la marque du cinéaste, plus encore lorsqu’il décide d’échapper à la narration classique et de plonger son film dans une atmosphère sybilline et mystique. Dune est une forme de film malade, entre deux eaux, une œuvre fascinante aussi par ses défauts et d’une bizarrerie totale.

Quant à Furyo, est-il besoin de présenter à nouveau ce grand film ambigu, charnel et violent (dont Enrique parle très bien ici) mettant en scène avec une grande force, à Java en 1942, au sein d’un camp japonais de prisonniers japonais, la fascination d’un capitaine japonais (Ryuichi Sakamoto) pour un soldat anglais insoumis (David Bowie). Ne résumons pas Furyo à un duel de 2 rock stars, il s’agit d’un grand film de choc de civilisations qui les renvoie régulièrement dos à dos pour stigmatiser tout autant la sclérosité des traditions japonaises que l’arrogance colonialiste à l’occidentale. Toujours porté par la musique géniale de Sakamoto, totalement hypnotique et fiévreux, Furyo reste un film génial, aussi inclassable que L’Empire des sens.

Nous sommes ravis de vous faire gagner l’un de ces combos blu ray-dvd si vous répondez aux questions suivantes avant le 30 avril, 0h00

A propos de Olivier ROSSIGNOT

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