Sylvie Verheyde – "Stella"

Alors que Diane Kurys revient dans l’actualité avec son film « Sagan », comment ne pas faire le rapprochement entre son premier film « Diabolo menthe » et le nouveau long-métrage de Sylvie Verheyde « Stella ». « Diabolo menthe », sorti en 1977, autobiographie décrivant les transformations physiques et intellectuelles de deux préadolescentes dans un lycée parisien, « Stella », se passant en 1977, également inspirée de l’adolescence de son auteur au moment de l’entrée au collège. Le premier analysait en profondeur les maux d’une époque, les découvertes propres à une période de la vie (le désir, la politique, les prises de positions), le second, plus superficiel, se contente de l’observation d’un milieu social, d’une description légère et parfois approximative de différents environnements sociaux (l’aristocratie parisienne, les intellectuels expatriés tournés vers l’art et la cosmopolie, les milieux modestes des allocataires d’aides sociales en passant par les ouvriers provinciaux alcooliques et violents). Des parents tenanciers de bar, sans éducation, et une petite fille peut-être un peu trop libre, sans les codes nécessaires à une intégration réussie dans le paysage urbain traditionnel. Nous tenons là un sujet porteur, pouvant conduire au développement de multiples argumentaires. Mais Sylvie Verheyde semble n’en choisir aucun. Cette absence de discours, et les petites erreurs temporelles qui parcourent le film créent une certaine forme d’attente agacée pendant la première partie, rattrapée cependant par de bons acteurs qui tiennent ce film sur le fil, Stella arrivant même finalement à nous paraître attachante et consistante. Un film sans doute mineur, mais qui plaira aux nostalgiques des tubes des années 70, et également à la tranche 9-12 ans qui n’aura pas été trop désabusée par les images outrancières des blockbusters américains.

A propos de Marion Oddon

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