Sorties cinéma du 25 juillet 2012 : Culturopoing a déjà vu ça…

Quatorze nouveaux films (et deux reprises), cette semaine. Ou, plus exactement : treize nouveaux films et un rouleau compresseur dont toute la question est de savoir si l’effroyable tuerie d’Aurora aura ou non des conséquences sur son succès mondial. Probablement pas, même si l’accroche "tout va s’embraser" promise par la promotion de The Dark Knight Rises paraît rétrospectivement au moins singulièrement maladroite.
Il n’y a pas que Christopher Nolan qui propose cette semaine le troisième et dernier volet d’une trilogie (celle du Batman revisité en Dark Knight, donc). Et nous, à Culturopoing, on penche davantage pour celle de Sono Sion, dont Guilty of Romance, épilogue de sa "trilogie de la haine" (décidément, c’est l’époque qui veut ça ?…), dont nous sommes fiers d’être les partenaires, est donc le premier de ses films enfin distribués en France. Benjamin Cocquenet vous a déjà écrit tout le bien qu’il en pensait et son élan est partagé par bien d’autres membres de la rédaction, même si Sion est un cinéaste du genre "clivant", vous voilà prévenus.

Tom Hardy et Christian Bale dans "The Dark Knight Rises"
Tom Hardy et Christian Bale dans "The Dark Knight Rises"

Culturopoing a aussi vu et aimé (notamment Marija Nielsen, ici-même) la nouvelle version de Jane Eyre signée Cary Fukunaga.
En revanche, nous n’avons pas encore vu 360, le dernier film de Fernado Meirelles (qui a ses défenseurs dans la rédaction), qui a au moins le mérite de présenter le casting le plus intriguant (mais improbable aurait aussi fait l’affaire) en associant Anthony Hopkins à Jamel Debbouze ou Jude Law et Rachel Weisz à François-Xavier Demaison pour une nouvelle adaptation de La Ronde de Schnitzler signée Peter Morgan (la ronde, 360… vous avez saisi le concept ?).
Passons en courant devant Cendrillon au Far West, film d’animation de Pascal Hérold qui, après La Véritable histoire du chat botté, ne désarme pas. Comme si on n’avait pas déjà assez de la saga Shrek pour "décaler" les contes de notre enfance…

Chris Diamantopoulos, Sean Hayes et Will Sasso dans "Les Trois corniauds"
Chris Diamantopoulos, Sean Hayes et Will Sasso dans "Les Trois corniauds"

Autrefois princes de la "nouvelle comédie US" irrévérencieuse et plus ou moins trash (i-e, avant que Judd Apatow n’opère une OPA sur le genre), les frères Farrelly n’en finissent plus de perdre la main. Leur avant-dernier film, Bon à tirer (qui valait plutôt mieux que son assez exécrable réputation), n’avait déjà bénéficié que d’une sortie discrète l’an dernier ; mais que dire de la sortie purement technique, sans aucune copie en version originale (!), de leur dernier The Three Stooges, rebaptisé en français Les Trois corniauds, histoire de dissuader vraiment les derniers téméraires qui auraient pu se laisser tenter ? In loving memory of Dumb and Dumber, Mary à tout prix, Fous d’Irène, L’Amour extra-large ou Deux en un. Et dire qu’on évoqua un temps un casting royal pour cette évocation des faux Stooges (les comiques d’Hollywood, pas ceux d’Iggy Pop, bien sûr)…

"Insolation"
"Insolation"

La curiosité de la semaine pourrait bien être la première partie de la fresque d’Anurag Kashyap, Gangs of Wasseypur (pas moins de 5h20 au total !), présenté comme une sorte de Parrain indien ! Fait doublement rare pour être souligné : le film a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs cannoise cette année, une première pour un film made in Bollywood, et il sort en France à peine quelques semaines après sa sortie en Inde.
Les autres nouveautés de la semaine bénéficient de sorties plus modestes, parfois dans une seule salle. C’est le cas du film hongrois Adrienn Pál d’Agnes Kocsis, du film indépendant américain A Little Closer, première réalisation de Matthew Petock, Téléphone arabe, une coproduction israélo-palestinienne signée Sameh Zoabi, et quatre films venant d’Amérique du Sud : Insolation, film brésilien coréalisé par Daniela Thomas (ancienne alter ego de Walter Salles) et le metteur en scène de théâtre Felipe Hirsch, qui signe ici ses débuts au cinéma, La Réverbération, documentaire chilien sur le groupe de rock franco-chilien coréalisé par Benjamin Echazarreta et James June Schneider, et deux films péruviens (pays dont on reçoit rarement des nouvelles cinématographiques… et rarement des nouvelles tout court, d’ailleurs) d’Hector Gálvez, Paraíso, film de fiction, et Lucanamarca, documentaire sur le Sentier lumineux maoïste coréalisé avec Carlos Cardenas.

Marc Michel et Anouk Aimée dans "Lola"
Marc Michel et Anouk Aimée dans "Lola"

Enfin, cette semaine sera aussi l’occasion de revoir en salles un classique de Brian De Palma, Pulsions (Dressed to Kill, 1980), avec Michael Caine, Nancy Allen et Angie Dickinson sous la douche (en attendant la reprise en salles de Blow out, du même De Palma, le 15 août), et le premier long-métrage de Jacques Demy, Lola (1961), qui pose déjà les fondations du "demy-monde"", comme Cyril Cossardeaux nous l’expliquait à l’occasion de la sortie du magnifique coffret DVD rétrospectif de l’œuvre du cinéaste.

A propos de Olivier ROSSIGNOT

Laisser un commentaire