Sorties cinéma du 18 juillet 2012 : Culturopoing a déjà vu ça…

Onze nouveaux films et une reprise (qui en vaut bien deux) cette semaine : le rythme ne mollit pas. Et on peut dire qu’il n’y en a pour tous les goûts… et dégoûts.
La plus espagnole de nos rédactrices, la sémillante Laura Tuffery vous a déjà écrit tout le bien qu’elle pensait de Trois sœurs, premier film et coup de maître (Grand prix à Locarno en 2011) de la jeune réalisatrice argentine Milagros Mumenthaler, qui n’est pas une énième adaptation de Tchekhov, comme son titre français risque de le faire croire (et qui n’a d’ailleurs aucun rapport avec son titre original, Abrir puertas y ventanas, soit "Ouvrir portes et fenêtres" en français, joli mais plus compliqué). On aime même tellement le film que nous vous offrons en prime un entretien avec Milagros Mumenthaler !

Lisa Fávero dans “Historias”
Lisa Fávero dans “Historias”

La même Laura est un peu plus mitigée sur Laurence Anyways, le nouveau Xavier Dolan, mais il y a autant à en dire que le film est long (2h39, quand même !) et ce sera très vite en ligne sur Culturopoing. Stay tuned !
Autre excellent film sud-américain de la semaine, et autre premier film, celui de la brésilienne Júlia Murat, au très beau titre original, Historias que so existem quando lembradas ("Histoires qui n’existent que lorsque l’on s’en souvent"), plus prosaïquement titré Historias pour sa distribution française.
Nous avons raté le dernier Johnnie To, La Vie sans principe, au dernier festival Paris Cinéma. On va tenter de se rattraper très vite.
Si l’on ajoute The Exchange, second film pour le cinéma du réalisateur israélien du très remarqué La Visite de la fanfare en 2007, Eran Kolirin, il se pourrait bien qu’on ait fait le tour des films méritant le détour cette semaine.

Rotem Keinan et Sharon Tal dans "The Exchange"
Rotem Keinan et Sharon Tal dans "The Exchange"

Que nous reste-t-il d’autre ?
A.C.A.B. (pour All Cops Are Bastards), qui suscite quand même un petit intérêt pour l’ascendance de son réalisateur Stefano Sollima (qui signe là lui aussi son premier long-métrage pour le cinéma, après avoir notamment fait ses gammes sur plusieurs épisodes de la série télé adaptée du Romanzo criminale de Michele Placido), qui n’est donc autre que le fils de Sergio Sollima, maître du polar politique italien des années 1970 (La Cité de la violence, La Poursuite implacable…). Bon sang ne saurait mentir ?…
Encore un premier film, signé Agnieszka Wojtowicz-Vosloo, After.Life, qui n’est pas un remake hollywoodien du très beau film homonyme de Hirokazu Kore-eda. Sortie technique pour un film déjà un peu "ancien" (2009), dont la présence de la toujours intéressante Christina Ricci ne garantit pas une deuxième semaine de présence sur les écrans…
Le Lorax, de Chris "moi, moche et méchant" Renaud, énième film d’animation adapté du Dr. Seuss, dont on se demande si la seule contribution positive à l’humanité n’aura pas simplement été d’inspirer l’incroyable Les 5 000 doigts du Dr. T. (1953) à Roy Rowland (qui finira bien par être adapté en animation aussi, allez)… et de donner son nom au fabuleux groupe pop californien des années 1980, The Sneetches !

Parce qu'on préfère de loin les Sneetches tout habillés au Lorax tout nu...
Parce qu’on préfère de loin les Sneetches tout habillés au Lorax tout nu…

On ne résiste pas à vous recopier le début du pitch de Paris-Manhattan, 23ème premier film de la semaine, de Sophie Lellouche (Gilles, Philippe, Pierre, Claude… y’en encore combien, comme ça, des Lellouche ?) : "Alice est jeune, très jolie (eh oui, c’est Alice Taglioni), pharmacienne. Elle a tout pour elle, mais manque de confiance et reste comme en dehors de la vie, au grand dam de ses proches qui voudraient la voir accomplir de grandes choses, à la fois sur le plan professionnel et personnel. Rêveuse, elle est fan de Woody Allen et se confie à son effigie sur un poster, comme s’il était une sorte d’ami imaginaire…". Si vous croyez reconnaître la trame de fond du Tombe les filles et tais-toi d’Herbert Ross écrit et interprété en 1972 par Woody lui-même (qui y dialoguait imaginairement avec Humphrey Bogart), vous ne devez pas être bien loin de la vérité.
Nous considérons la sortie du dernier chef d’œuvre de Joel Schumacher, Effraction, à peine trente jours après le trentième anniversaire du France-Allemagne de Séville 1982 comme un affront national et ne dirons donc rien de plus.
Enfin, Bowling, encore un premier film (on en est à quarante-douze cette semaine, non ?), de Marie-Castille Mention-Schaar (presque une moitié des films de la semaine réalisés par des femmes : la parité n’était pas à Cannes mais elle est dans les salles, en tout cas). Une pierre de plus au théorème du "film de Mathilde Seigner" comme il y a (avait ?) des "films de Kristin Scott Thomas", théorème qu’il faudra bien qu’on écrive un jour…

Et on finit avec le monument biblique de William Wyler, Ben-Hur (1959), mais qui vaut bien mieux que ce statut réducteur, justement, et justifie de réviser à la hausse, encore et toujours, la filmographie du plus alsacien des grands réalisateurs hollywoodiens.

Bon ben plus besoin de référendum de fin d’année pour désigner le meilleur film de 2012, non ?

[EDIT] – Il s’avère que Bowling n’est pas le premier long-métrage réalisé par Marie-Castille Mention-Schaar, qui avait déjà signé, en début d’année un Ma première fois bien nommé mais qui nous avait totalement échappé. Voilà, Leos Carax fait deux films en vingt ans, Marie-Castille Mention-Schaar, elle, en six mois. C’est ça, la classe !

A propos de Olivier ROSSIGNOT

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