Omniprésents, saoulants, gonflants… bienvenue chez les Ch’tis !

650 000 exemplaires écoulés dès le premier jour de la sortie du dvd, le 29 octobre, record de Pirates des Caraïbes 3 explosé ; 2 millions et demi d’exemplaire vendus en moins d’un mois… l’incontournable film du nouveau héros national Dany Boon n’en finit plus de voler de records en records !
Il faut dire que là, il fallait probablement être aveugle et sourd pour échapper à la promo rouleau-compresseur promotionnelle de Fox-Pathé-Europa : les meilleurs 4 par 3 ont été réquisitionnés et les points de vente ont rivalisé de zèle pour mettre en avant LE produit (appelons les choses par leur vrai nom…) de cette fin d’année.
Ce n’est pas un film qui est sorti en DVD ce 29 octobre, c’est un événement, un phénomène culturel, un exutoire national permettant d’oublier la crise, les sifflets du Stade de France, les éléphants du PS, le CD de la First Lady qui s’est moins bien vendu que celui d’un vieux groupe de hard australien… bref, tout ce qui ne marche pas (ou plus) dans ce beau pays qui est le nôtre.

Il s’est bien foutu de nous, le Dany ! L’auteur de la banderole, en fait, c’est son meilleur ami !

En matière de PLV, c’est très probablement Auchan qui décroche la palme. Logique, me direz-vous, l’enseigne de la famille Mulliez est après tout originaire de Roubaix et, en matière de culture ch’tie, elle en connaît un… brin !
Brisons de suite un mythe : Culturopoing, ça paye mal, et vous aurez statistiquement plus de chance de croiser ses rédacteurs chez Leader Price qu’à Lafayette Gourmet. Alors si, comme moi, vous avez récemment fait vos courses du week-end chez Auchan, vous avez constaté ça : les Ch’tis partout, en force !
On ne compte même plus les différents présentoirs ou têtes de gondole disséminés un peu partout dans les magasins. Et quand je dis un peu partout, ça n’est pas une figure de style ! Personnellement, c’est quand même la première fois depuis la sortie des œuvres complètes director’s cut de Maïté que je vois des présentoirs de DVD au rayon alimentation d’un hypermarché… Et nous avons évidemment droit aux rayonnages de tous les autres produits culturels ayant fleuri dans le sillage du triomphe en salles du film : les livres de recettes de cuisine ch’tie, les dicos français-ch’ti, les meilleures sales blagues de ‘Ti Franck Ribéry, le manuel de savoir-vivre dans les garden parties élyséennes de Line Renaud… on en passe et des pires.
Autant dire que ça n’est pas demain la veille que vos collègues de bureau vont arrêter de vous chaouler à la cantine à coups de « biloute ! » et de « heiiiin !!! ».
Et oui, car voilà où en est rendu l’art du dialogue à la française. Il fut un temps, pourtant, où c’était différent. Le temps d’un Michel Audiard, par exemple…
Tenez, un seul exemple, cet extrait de Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages, probablement d’ailleurs pas meilleur que le film de Boon…

A propos de Cyril COSSARDEAUX

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