Luff 2009 – du 14 au 18 octobre (Lausanne)

 
La suisse jalouserait-elle sa grande sœur américaine ? Une chose est sûre, ses acteurs locaux sont plus qu’attentifs à son rayonnement culturel. Alors que le gratin Hollywoodien à maille à partie avec les autorités nationales, la ville de Lausanne s’apprête elle à fêter l’un des épisodes phare du mouvement underground gay d’outre atlantique : Le « Camp Cinéma ».
 
Du 14 au 18 octobre prochain, cinq lieux emblématiques de la ville, dont le casino de Montbenon et la Cinémathèque suisse, se joindront à l’équipe du LUFF pour vous proposer un festival unique en Europe : Inspiré du New York Underground Film Festival, le LUFF est un événement cinématographique et musical qui soutient les réalisateurs et musiciens les plus extrêmes ou innovants du moment, en concoctant une programmation piquante et noisy.

 


Jack Smith
 
Au cours des sept saisons précédentes, le festival a acquis une réputation d’envergure en Europe, et nombres de personnes s’accordent pour le considérer aujourd’hui comme l’un des plus intéressants dans son domaine. On l’a bien compris, sa spécificité réside dans ce synchronisme entre musique et cinéma. Afin de le rendre encore plus évident, le LUFF a invité cette année les membres de Sunn o)), que les français ont pu voir récemment dans le cadre de la Villette Sonique, et qui s’illustreront dans la prochaine BO de Jarmush. Une invitation à jouer, le 17 octobre, mais également une carte blanche ouverte. L’occasion de découvrir une performance qui risque d’être inoubliable, avec un solo du guitariste culte Keiji Haino sur le film Jo de l’artiste ethnographe Cameron Jamie (le 16 octobre à 20h30).

 


Cameron Jamie et Keiji Haino
 
Fricotage oblige, on le retrouvera aussi dans les crédits musicaux des films de Cameron Jamie diffusés en parallèle. Et parmi les thématiques cinématographiques de cette édition, citons : le camp cinéma bien sur, avec une rétrospective des films du maître du genre : Jack Smith, mais également un clin d’œil au 20 ans de la chute du mur de Berlin avec un film férocement anti-communiste (et sans doute également délicieusement kitsch) : Red Planet Mars de Harry Horner (1952 – US). Côté expérimentation, la muse Kerry Laitala présentera son travail sur pellicule, et Tony Conrad, acteur majeur de l’expended cinéma nous fera une petite démonstration d’histoire avec un programme évolutif : du 35mm à la vidéo numérique… Le programme est touffu et varié, voguant entre films ultra bizarres, archi gores ou carrément barrés… Et la compétition n’est pas en reste de films alléchants, avec un Bill Plimpton omniprésent, la programmation du très sanguinolent Embodiment of Evil et une myriade de courts métrages, dont une bonne part en provenance du Canada, et un film que le réalisateur Thorn Fleisher qualifie lui même de « wound footage »… On attend de voir…

 


Embodiement of Evil
 
Côté musique, du noise et du métal qui fricotent avec de la Dub, et une soirée introductive prometteuse dès le 14 octobre, avec « night of the polywave », qui rassemblera plusieurs groupes autour de cette notion de poly-onde. Cette soirée s’accompagnera simultanément du vernissage du deuxième volume de la collection « Rip on/off », résultat d’une collaboration entre le LUFF et le Groupe de La Riponne. Au menu, la question suivante : « Comment faire subir à la littérature ce que la noise a fait subir au son ? ».
 
En tout cinq jours de films et de musiques quasi non stop, pour les amateurs  de bruits et d’objets insolites, et une idée originale pour les nostalgiques du franc suisse.
 

film de clôture : Otto; or up with Dead people de Bruce Labruce
 

 

Toutes les infos, et le programme, sont sur le site du LUFF.

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A propos de Marion Oddon

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