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The-Beast-1Noir. On ne pourrait pas mieux qualifier le dernier film de Hans Herbots, The Beast, que par cet adjectif, tant il est infiniment sombre, aussi bien sur la forme que sur le fond. Un inspecteur qui tente de stopper un tueur d’enfants, les deux personnages étant, chacun à leur manière, légèrement névrosés, le tout dans une ambiance violente, glauque et crépusculaire. Bref, un film de Noël, mais uniquement pour ceux qui détesteraient Noël.

 

 

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Adaptation assez fidèle du livre de Mo Hayder, L’homme du soir, mais transposé en pays flamand, The Beast est certes un film noir (au sens de film policier dans lequel l’humour est assez peu présent), également un film qui s’attaque à la pédophilie dans sa dimension la plus brutale et violente, mais The Beast est avant tout un film dont l’esthétique prime sur la narration, la forme prenant le pas sur le fond dès le début du film. Ceci explique sans doute les quelques maladresses scénaristiques ou situations improbables, habilement dissimulées sous un voile de noirceur propre au nouveau cinéma belge ou à la vague de séries policières nordiques, dans la lignée du premier Millenium.

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Un enfant disparaît et ses parents sont retrouvés presque morts. Nick Cafmeyer se retrouve chargé de l’enquête, lui-même ayant subi dans son enfance un violent traumatisme, l’enlèvement de son frère par un potentiel pédophile. Il retrouve l’enfant mort et se lance à la poursuite de l’assassin, surnommé le troll, tout en mélangeant son histoire personnelle, apparemment liée à l’affaire en cours. Tourné presque uniquement au crépuscule, de préférence des jours de pluie ou de ciel passablement chargé, The Beast impressionne tant il suinte de souffrance, de violence, de folie et d’une profonde tristesse. Il en sort un film puissant, profondément désespéré quant à la condition humaine, la folie à l’origine de la violence ne pouvant être, temporairement stoppée, que par une autre folie, une autre névrose, véritable moteur de la pugnacité nécessaire pour aller se plonger dans les torrents d’urine (cette substance étant l’une des obsessions du tueur), métaphore déprimante du fluide vital de l’humain. On aura prévenu, un conte de Noël pour dépressifs.

A propos de Marc BOUSQUET

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