AFFICHE DECAUX 2015 VERSION RETENUE.indd

Préambule : Chronologie bousculée, à rebours dans ce monde qui ne tourne lui non plus plus très rond, nous publions ici l’actualité du palmarès du Arras Film Festival avant l’ensemble du corpus des critiques qui l’accompagneront.

Un festival bousculé, brisé comme le reste, machine qui tournait sur les derniers jours tout à la fois à vide et à plein. Vide car exsangue de coeur, fantôme qui a décidé de continuer à avancer. Plein car le succès du weekend semblait, malgré le dispositif de sécurité, plus encore au rendez-vous que l’année passée (record absolu de fréquentation), en particulier durant ce sombre week-end. Peut-être l’humain a-t-il finalement toujours autant besoin d’imaginaire pour penser et panser le monde.

Nous aurons l’occasion de revenir ici plus en détail sur la sélection finale du cru 2015, plutôt très bon (et vu notre dent dure de l’année passée, c’est plutôt une excellente surprise), dont seul se détache terriblement vers le bas le stupide What’s between Us, que nous avions eu l’occasion d’étriller avant que ce monde bascule.

On notera la présence au palmarès de deux très beaux films, nos favoris, Home Care et The Culpable, injustement bazardés toutefois vers des prix secondaires ou des mentions spéciales, et du succès finalement assez attendu auprès du public de The Fencer, feel good movie en temps stalinien, plein d’amour et de petits enfants aux yeux brillants. C’est propre sur soi, c’est téléguidé. Rien ne dépasse, dans ce Choristes chez les communistes, où le fleuret silencieux prend le pas sur les gamins braillards avant mue C’est déjà ça.

Nous restons toutefois dubitatifs sur la plus haute marche du podium, Fuzi, joli film dont les qualités et reproches pourraient toutefois suivre ceux du paragraphes précédent. S’il est sans doute plus habité et sincère que The Fencer, émouvant notamment par la grâce balourde et timide de son interprète principal, le superbe Gunnar Jonsson très justement récompensé, ce film doux-amer sur la vie d’un obèse islandais moqué par les siens qui finira par trouver la joie reste, malgré l’intéressante ambiance grise et froide du nord, dans les clous bien balisés du parcours propret d’un tel projet (souffrance/amour/perte/rédemption).

Dommage, parce que la mise en scène organique de Thirst, rappelant dans son meilleur l’ambiance proche du conte d’un Les Merveilles, aurait pu sans conteste rafler la première place, en compagnie de Home Care.

Un palmarès résolument éclectique, donc, foncièrement européen et définitivement à l’image du festival, dans ses forces comme ses limites : un regard panoramique sur le monde et l’Europe, mais qui privilégiera toujours un cinéma de fond plutôt qu’un cinéma de forme. Fort heureusement, pépites au milieu de film de scénarios, dans certains coups de coeur, le flacon y rejoint l’ivresse.

Le palmarès :

Compétition Européenne
Jury sous la présidence de Lætitia Masson (Réalisatrice, France) entourée de Antoine Chappey (Acteur, France),
Salomé Stévenin (Actrice, France) et Boris Petkovic (Réalisateur, Slovénie)

  • Atlas d’or / Grand prix du jury
    Dotation de 12 000 € par la Communauté Urbaine d’Arras au distributeur français du film

Décerné à VIRGIN MOUNTAIN (Fúsi) de Dagur Kári (Islande / Danemark, 2015)

  • Atlas d’argent / Prix de la mise en scène
    Dotation de 5 000 € par le Conseil Régional Nord-Pas de Calais au réalisateur du film

Décerné à THIRST (Jajda) de Svetla Tsotsorkova (Bulgarie, 2015)

  • Mention spéciale du Jury

Décernée à HOME CARE (Domaci pece) de Slavek Horak (République Tchèque, 2015)

  • Mention spéciale du Jury à un comédien

Décernée à GUNNAR JONSSON (VIRGIN MOUNTAIN) de Dagur Kári – (Islande / Danemark, 2015)

  • Prix de la Critique
    En partenariat avec le Syndicat Français de la Critique de Cinéma
    Jury sous la présidence de Gérard Lenne (vice-président SFCC) entouré de Anne-Laure Bell (Aligre FM),
    Patrick Duluc (France 3) et Mehdi Omaïs (Metronews)

Décerné à THE RED SPIDER (Czerwony Pajak) de Marcin Koszalka (Pologne / Rép. Tchèque / Slovaquie, 2015)

  • Prix du public
    Dotation de 5 000 € par le Département du Pas de Calais au distributeur français du film
    Prestation de communication par CI Né MA TV
    Jury : vote des spectateurs présents à chaque séance de la compétition

Décerné à THE FENCER (Miekkailija) de Klaus Härö (Finlande / Estonie / Allemagne, 2015)

  • Prix Regards jeunes Région Nord-Pas de Calais
    Dotation de 2 000 € au réalisateur par BNP Paribas
    Jury : Inès Aït Bahid, Louis de Sousa, Aliénor Delesalle, Laura Franville, Simon Nowakowski et Céline Roche

Décerné à THE CULPABLE (Verfehlung) de Gerd Schneider (Allemagne, 2015)

Petit bonus professionnel avec le palmarès des Arras Days, bourses d’aides au développement de projets, ayant pour but, dans l’idée résolumment européenne du festival, de susciter des partenariats de coproduction à l’échelle européenne.
Jury : Bernd Buder (Programmateur du Festival du Film de Cottbus, Allemagne), Fabien Lemercier (Correspondant France Cineuropa, France), Franck Salaün (Programmation et acquisitions Memento Films, France).

  • Bourse de 10 000 €
    Dotation offerte par le Centre national du cinéma et de l’image animée

Décerné à THE DISCIPLE de Ivan Ostrochovsky (Slovaquie)

  • Bourse de 5 000 €
    Dotation offerte par la Ville d’Arras

Décerné à SISTER de Svetla Tsotsorkova (Bulgarie)

A propos de Jean-Nicolas Schoeser

Laisser un commentaire