Je dédie cet article à Bornu, qui se reconnaîtra, et sans qui tout ça n’aurait été possible. Amen.
Les amis, voici un article que je qualifierais de « guy-carliesque », c’est-à-dire que je vais dire des choses très convenues et pas très intéressantes ni profondes sur un film plutôt moyen, que Bornu lui-même qualifierait de la sorte rien qu’en voyant la bande-annonce (il est fortiche, le bougre !).
Je vous parle ici du nouveau long-métrage de Robert Redford (je ne saurais vous dire au combientième nous avons ici affaire, trop long à chercher). L’histoire ? Plutôt trois histoires en fait.
Meryl Streep, journaliste (trop) sérieuse (ce qui signifie dans un film américain qu’elle doit forcément être habillée comme Yolande Moreau du temps des feux « Deschiens ») rencontre un sénateur arriviste (Tom Cruise, incroyablement crédible à débiter des horreurs et jouer le manipulateur de médias, ça me rappelle quelque chose … mais quoi ?), qui lui fait le *cadeau* de lui livrer le nouveau plan d’attaque contre l’Iraq (ou l’Afghanistan, on ne sait pas trop, t’façon c’est pas grave ils sont méchants aussi là-bas).
Car non, la guerre contre les terroristes n’est pas terminée (sans blague). D’ailleurs, deux anciens étudiants en sciences politiques ont décidé d’agir pour leur pays, et se sont engagés dans l’armée. Nous les retrouvons donc en terre ennemie, prêts à attaquer. Pendant ce temps, Robert Redford nous joue un prof de fac, ancien prof des deux nouveaux G.I Joe, qui veut faire comprendre à un djeunss prometteur qu’il faut utiliser sa valeur personnelle à fond et ne pas la gâcher entre les jambes d’une fille ou dans trop d’alcool. Tout ça en sirotant son mug de café Starbucks qui doit contenir dans les 23 litres de boisson (Bob, ce surhomme, doit avoir en plus d’un super cerveau, une super vessie).
Parce que bon, la guerre en Iraq, c’est mal, parce que la violence, c’est nul et ça fait mal aux gens – mais la publicité pour ce café que de jeunes enfants récoltent dans des conditions atroces, c’est moins grave, le café me rend cooool et djeunss. CQFD.
Mais oui Bob. Tu es fort, tu parles bien, tu murmures à l’oreille des chevaux et en plus, tu nous rappelles courageusement que l’Iraq, ça commence à ressembler au Vietnam et ça c’est pas cool ; que la guerre contre le terrorisme a jusqu’à présent duré plus longtemps que la Seconde Guerre Mondiale, alors tous les moyens sont bons hin ! Jouer sur la fibre « Vietnam War », voilà qui est facile, puisque le pays ne s’est jamais vraiment remis de cet échec. Même qu’à un moment, Bob il dit que « Mince, mais il faut agir, au lieu de rester là ! ». Lui, il a agit ; il a réalisé ce film. Et voilà. « Lions et agneaux », comme le titre d’un mauvais Lelouch (ahah), « Les torchons et les serviettes », « Les gredins et les gentils » : tout un programme n’est-ce-pas !
Même Meryl Streep a l’air de se faire chier (oulà, les grands mots !), et a l’air d’en vouloir à Bobby de l’avoir attifé comme ça. Elle était quand même une rédactrice de mode dans « Le Diable s’habille en Prada » quoi ! Mais c’est la magie du cinéma : un jour en Gucci, le lendemain en Fabio Lucci. Il est fort je vous dis. (waaah, des rimes fortes)

Le bon, la brute et le truand (dans le désordre)
Je retiens quand même que la partie sur les deux jeunes soldats, hélas déjà blessés et perdus à peine leur mission commencée, propose des choses intéressantes. Rien de très neuf, rassurez-vous, mais un petit plus apporté par les deux acteurs, jeunes donc encore crédibles, de beaux plans dans l’hélico, et (merci pays de l’Oncle Sam) de chouettes effets spéciaux.
Ah, et on me dit dans mon oreillette que le directeur de la photo est français.
Voilà, « Lions et agneaux », à la hauteur de la bande-annonce, cette pratique chère à notre cher Bornu. Si cela vous a plu, tapez 1 sur votre mobile. Le coût de l’appel vous sera facturé 875645$ et servira à armer les américains pour tuer d’autres civils. C’est bientôt Noël, alors n’hésitez pas !
PS : pour ceux qui aiment la démagogie de Bob, ou pas d’ailleurs, lisez « Sexe, mensonges et Hollywood » de Peter Biskind, pour saisir un peu plus l’ampleur de son ego, du crédit qu’il s’accorde. Un gros crâneur quoi.
PS 2 : oui oui, ce film est bien un improbable, Robert Redford (ici), Jean-Pierre Mocky, même combat !