bandeau

 





 Blind Guardian - Memories of a time to come

 Egisto (P.F. Cavalli) à l'Opéra Comique - du ravissement

 Regards croisés : lorsque Bach dialogue avec Britten ...

 Hommage à Gustav Leonhardt (1928-2012)

 Ben Folds - Best Imitation of Myself: A Retrospective 1991-2011

 Entretien avec Half Asleep

 Playlist Culturopoing Musiques 2011

 Palmarès Musiques 2011

 Giovanni Giorgi, Ave Maria, Messa a Due Cori - Leonardo García Alarcón (Ricercar)

 Giuseppe Sammartini, Ouvertures & Concertos. Les Muffatti (Ramée)

 Kate Bush - "50 Words for Snow"

 Hommage à Montserrat Figueras (1942-2011)

 Playlist Automne 2011 Culturopoing en Low Tone

 The Drums - Portamento

 Café Zimmermann – J.S. Bach - "Concerts avec plusieurs instruments – Vol.1/6 (Alpha)

 Björk - "Biophilia"

 Claude Debussy - Le musicien de l'amour (Jan Van der Crabben, Inge Spinette)

 Unison - "Unison"

 Suuns - Zeroes QC

 Wild Beasts - Smother

Tous les articles Musique

Musique

tUnE- yArDs en interview

Entretiens
Posté par Céline Kautz le 2011-06-14



Image principale
Ouvrir
 
Son album "w h o k i l l" est un patchwork ébouriffant de musiques du monde, de musique des villes et de musiques des champs, un disque inclassable, un petit bonheur DIY à l'américaine. Pour le concert à Metz en mai de son groupe tUnE-yArDs, Merrill Garbus était accompagnée d'un bassiste et de deux saxophonistes. Elle a construit des morceaux à l'énergie communicative en partant de boucles recréées en direct. Un sound system sur mesure, un jeu de batterie militant, des polyphonies très personnelles et des cuivres facétieux ont fini par transformer le public en une joyeuse tribu bondissante.
 
 

Captivante en robe noire rehaussée de manchettes aux couleurs vives, Merrill ressemblait ce soir-là à la reine des abeilles et de l'autosampling, qui récolte des sons quand d'autres tout aussi industrieuses sont chargées des pelotes de pollen. Elle a bien voulu répondre à quelques questions
(en français d'abord, en anglais plus bas).
 
 
 
Quelle est la signification de tUnE-yArDs ?
 
C'est un endroit où les chansons grandissent et où on peut les cueillir. Je n'aime pas l'idée d'être un génie en soi, je pense que tout le monde a une part de créativité et de génie. C'était important de dire que tout ne vient pas de moi seule, que je pouvais récolter comme des fleurs, des plantes, des légumes, des chansons grandies dans les « tune-yards », (littéralement « les jardins à chansons »).
 
 
Comment avez-vous appris la musique?
 
Principalement en chantant. Mes parents sont musiciens tous les deux. Ma maman m'a appris à jouer du piano de six à treize ans. C'était un bon début, une bonne base pour apprendre la musique. En grandissant j'ai toujours eu de la musique en tête. Je chantonnais des airs, puis j'ai fait partie de chorales. Chanter vous rend capable de chercher l'harmonie, d'entendre d'autres choses que vous. Cela a été important pour moi.
 
 
Pourquoi dessinez-vous des lignes sur votre visage avant d'aller sur scène?
 
Avant un concert j'ai besoin d'entrer dans l'espace de la représentation. Le concert demande beaucoup d'energie pour aboutir à ce que je veux alors je prends un moment pour méditer, pour respirer, penser au concert à venir et me préparer.
 
 
Êtes-vous très différente sur scène et dans la vie?
 
Pas très différente (rires). Mais je remarque maintenant que je fais plus de concerts que je suis très timide. C'est difficile. Sur scène je peux être très présente, agressive, forte. Parfois j'ai l'impression que c'est le vrai moi, parfois je suis beaucoup plus calme et je veux juste me reposer.
 
 
Est-ce particulier d'être une femme artiste?
 
Très. J'en parle beaucoup. J'ai entendu l'autre jour une discussion intéressante sur les femmes artistes où quelqu'un disait qu'il fallait arrêter d'en faire toute une histoire parce que nous devrions tous être égaux. Pour moi, on n'en est pas encore tout à fait là. Il y a de nombreuses femmes dans le monde de la musique aujourd'hui, et c'est formidable, mais quand j'étais plus jeune, il n'était pas naturel pour moi de penser que je pouvais faire tout ce que je voulais, être leader d'un groupe, diriger une entreprise – en fin de compte, mon groupe est comme une entreprise. J'ai toujours un genre de complexe d'infériorité. Je ne pense pas que ce soit vrai pour toutes les femmes mais c'était le cas pour moi quand j'étais petite fille et jeune fille. Je ne prenais pas les choses en main comme mes copains garçons pouvaient le faire. Cela influence beaucoup ce dont je parle dans mes chansons, qui s'adressent aux hommes et aux femmes, mais parlent clairement d'un point de vue féminin. Le fait d'être une femme a fortement influencé le choix de ce que je crois nécessaire de dire.
 
 
Qui sont vos modèles?
 
Récemment j'ai parlé de Cindy Lauper. Son influence a été énorme, elle était si bizarre et différente. Janet Jackson, des femmes des années 80s, mais aussi Patti SmithMeredith Monk, son travail sur la voix et l'exploration de l'espace, Bjork...
 
 
Plusieurs articles et chroniques de disques disent que vous avez séjourné au Kenya.
 
J'ai passé un semestre à l'étranger pendant ma première année d'université. J'avais étudié le swahili, la litérature, l'histoire et la politique des pays d'Afrique. Je voulais vraiment m'immerger dans la culture. Ensuite j'ai vécu à Nairobi, Mombasa et voyagé en Tanzanie. Ca a été déterminant. Il y a un « avant » et un « après » ce séjour, durant lequel j'ai beaucoup appris sur l'Afrique, sur la musique dans la culture africaine.
 
 
Y retournerez-vous?
 
J'espère. C'était une période difficile pour moi. J'étais jeune et très perturbée quand je comparais l'Amérique et l'Afrique, les différences, la richesse opposée à la pauvreté. Mais récement j'ai commencé à me dire que j'adorerais y retourner, jouer de la musique et partager des choses avec des musiciens là-bas.
 
 
Quel instrument aimeriez-vous apprendre?
 
La kora.
 
 
Quel est votre endroit préféré sur terre?
 
Il y a en deux. J'adore les paysages irlandais, très verts, pluvieux et embrumés. Ensuite, l'endroit où j'ai grandi. Ma mère joue du clavecin. Elle donnait des cours lors de stages pour adultes sur la musique médiévale et renaissance, dans un endroit magique, où tout est recouvert de mousse.
 
 
Qui est votre monstre préféré?
 
 
 
Qui est votre superhéros préféré?
 
Batman.
 
 
Si vous pouviez vivre une journée dans la peau de quelqu'un d'autre, qui choisiriez-vous?
 
Peut-être Winnie Mandela.
 
 
Qu'avez-vous appris aujourd'hui?
 
Ce soir, j'ai compris que je devais avoir plus confiance dans la vie.
 
 
Prince Rama, le groupe qui jouait avant tUnE-yArDs ce soir a fait une chanson sur la confiance, et la chanteuse s'est laissé tomber dans les bras du public...
 
Oui, c'est à ce moment là que j'en ai pris conscience ! 
 
 
What does the name tUnE-yArDs mean?
 
To me it means this : a place where songs are growing and you can just pick them. I don't like the idea of genius, I think everybody has some kind of creativity and brilliance. It was important that it wasn't just me, that I could just harvest the songs like flowers or plants or vegetables so tune-yards are where those grow.
 
 
How did you learn music?
 
Mostly through singing. My parents are both musicians. Then my mum taught me piano, from six through thirteen. I think that was a good basic training for music. When I was growing up I've always had music in my head. I was always humming to myself, then there were choirs. I think singing gives you the ability to harmonize, to hear other things besides yourself. That's been important to me.
 
 
Why do you draw lines on your face when you're performing?
 
Before a show I just need a moment to get into the performance space. The show needs a lot of energy to make it happen so I have this meditative moment, a time when I breathe and think about the show ahead and prepare myself.
 
 
How different are you in real life from on stage?
 
Not very different (laughs). But I'm noticing lately, now that I perform more, that ... I'm very shy. It's hard. On stage I can be very present, aggressive or powerful. Sometimes I feel like that is the real me and sometimes I'm also much more quiet and I just want to rest.
 
 
What's special about being a woman artist?
 
Lots. I talk about it a lot. I heard an interesting argument the other day about how it was not so great to make a big deal about being a woman artist because we should all be equal. I think for me it isn't that way yet. There are many many women in music now, which is wonderful, but for me growing up, I didn't have the sense that I could do anything, that I could lead a band, or lead a business - because that's what it ends up being, my own business. There was still some kind of inferiority complex that I had. I don't think that's true for all women but it was true for me as a girl. I didn't take charge the way that my friends who were guys did. It very much influences what I talk about. The subjects of my songs apply to men and women but it's clearly from a woman's perspective. Being a woman has been very influential on what I feel I need to say I guess.
 
 
Who are your role models?
 
Today I was just talking about Cindy Lauper.  She was a huge influence, always so weird and different. She and Janet Jackson, women of the 80s, but then also Patti Smith, Meredith Monk,  her use of the voice and exploration of the voice. Bjork...
 
 
Why did you go to Kenya?
 
It was a semester that I took abroad during my junior year of college. I had been studying the swahili language and also african politics, literature and history. I really wanted to immerse myself in the culture there. Then I lived a bit afterwards in Nairobi and Mombasa and traveled to Tanzania. It was very influential. This whole « before and after » I went, and « during » gave me this awareness of Africa and African culture in music.
 
 
Will you go there again?
 
Yes I hope so. It was a very difficult time for me. I was young and very disturbed by the comparison between America and Africa, the disparity of poverty versus wealth. But recently I've started thinking yes, I would love to go and play music and share with other musicians there.
 
 
Is there an instrument you can't play yet but would like to learn?
 
The kora.
 
 
What's your favourite place on earth?
 
That's a really hard question. There are two. I love that countryside in Ireland where it's all green and rainy and misty. And also where I grew up. My Mum plays harpsichord. She would teach at a camp for adults who would learn early music, renaissance and medieval music. It's a very magical place with moss everywhere.
 
 
Who's your favourite monster?
 
The Cookie monster. 
 
 
Who's your favourite superhero?
 
Batman.
 
 
If you could spend one day in somebody else's shoes, who would you choose?
 
Maybe Winnie Mandela.
 
 
What have you learned today?
 
Tonight I realised that I need to trust more in life.
 
 
Prince Rama  who played before tUnE-yArDs tonight sang a song about trust, and the singer went crowdsurfing, it was more like falling into the arms of the audience...
 
Yes, that's the moment that I realised it !




Share/Save/Bookmark 






Commentaires
Pas de commentaires pour le moment
Insérer un commentaire :
Nom ou pseudo :


Commentaire :


Veuillez entrer le mot bonheur dans la case ci-dessous:


 

 

Recherche sur le site

 

         Les sorties
         Hors actu
         Entretiens
         Dossiers/hommages





FERMER