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Wild Beasts - Two dancers
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A mille lieux des turpitudes soniques agitées ou bien des velléités mélodico-chichiteuses, Wild Beasts propose avec son second album Two Dancers un condensé réussi de pop élégante, une sorte de bohème pop chic. Disons le tout de go en préambule, il est rare d’écouter une aussi belle mise en bouche musicale que celle proposée ici par les anglais. Les trois premiers morceaux du disque en effet laissent augurer d’un disque splendide, énorme, subtilement inspiré et susceptible de bouleverser (oui, bouleverser) les amateurs d'une pop racée et paisible, une musique qu'on appellerait mainstream dans un monde idéal.
La principale caractéristique du groupe est sans conteste cette voix très maniérée, une voix qui fait penser à un Antony (celui de ces Johnsons) ou plutôt au pendant de celui-ci dans une tonalité autrement plus éclairée et légère (Doctor Jekyll & Mister Light pour résumer), car le tempo est ici métronomique et en mode cruise control certes mais jamais trop mou pour indisposer (suivez mon regard). Une voix qui jamais ne pèse (suivez toujours mon regard, pas de panique il va dans la même direction) et puis aussi cette musique si digeste alors qu’on la soupçonne de sans cesse se retenir pour ne pas sombrer dans la grandiloquence pompière et chantillyesque. Un écueil tâté d'ailleurs par le combo sur son premier album, le remarqué Limbo, Panto, bien plus glam dans l'esprit et ampoulé dans les ambiances et ce pour le meilleur et pour le pire, une grandiloquence remisée au piquet ici pour un résultat autrement inoubliable, comme quoi en frottant sous le vernis on peut finir par trouver du brillant.
Alors ce Two dancers, un miracle d’équilibre ?
Oui sans l’ombre d’un doute sur les perles du début de l’album, sur ce The fun powder plot inaugural, ces mélodies méticuleuses oh combien éclairées par un chant bravache et inégalable, miracle encore sur le Hootin’ & Howlin’ qui suit, une chanson construite comme Foolish love de Rufus Wainwright ((et jouée en mode pop-rock band et non version music-hall) absolument imparable, un titre étourdissant de classe. Oui encore le All King's Men qui déroule ensuite une pelote sentant bon la pop à cravate des 80's, cette musique de premiers de la classe désireux d'en découdre avec la grâce.
Mais l’équilibre est fragile on le sait et il peut rompre facilement comme sur toute la durée de l’album qui manque d'autres titres forts pour transformer pour de bon l’essai. On écoute alors des chansons agréables (aucune ne fait mal aux oreilles) à défaut d'être superbes, un peu comme si le groupe avait tout donné d'entrée et gérait son avantage ensuite pour franchir en vainqueur la ligne d'arrivée, plus soulagé qu'heureux.
La musique des Wild Beasts est néanmoins à découvrir avec une pop ludique et éclairée qui coule toujours agréablement dans les oreilles, inoffensive pourrait-on dire même si le repos du guerrier a tout de même du bon, surtout quand il s'accompagne d'un aussi beau talent. Voilà un album à écouter pour chalouper seul ou bien à deux en fermant les yeux et en souriant. Retrouvez d'autres articles sur Wild beasts : Wild Beasts - Smother
Commentaires
De : Sarah Une vague réminiscence de Perry Blake, aussi... Plutôt agréable ! Insérer un commentaire : |
