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Thomas Mery "Les couleurs, les ombres" dans les bacs (+ concerts) |
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Cinq ans après un premier album solo, dix ans après la fin de son groupe Purr, Thomas Mery poursuit sa recherche d'une musique acoustique, à peine amplifiée, tout à fait personnelle, sur le modèle du monologue intérieur, un « stream of consciousness » à la manière de James Joyce ou Virginia Woolf. Enregistré en compagnie d'anciens camarades, dont l'un a joué avec Francoiz Breut et Yann Tiersen, dont l'autre est la moitié de Berg Sans Nipple, « Les couleurs, les ombres » semble être le résultat d'un long et patient travail de reconstruction de ces moments fugitifs où on ressent une plus forte appartenance au monde. Il faut accepter de suivre le cours sinueux, les accélérations et ralentis d'une pensée étrangère, proche des formes fractales. Les textes sont très beaux, parlent des turbulences dans un mélange de sirop et d'eau, de la guerre, des lignes brisées du béton poli, des détails infimes capables de nous occuper tout entier, « de l'amour, de la colère » aussi, un des sommets du disque.
![]() On oublie trop facilement à quel point on ne sait rien, des autres, de nous-mêmes, quand on devrait regarder vraiment les couleurs des yeux des gens (on y voit tout un monde) et être attentif aux ombres qui passent sur les visages. On suit les lignes de guitare, clarinette, percussions comme on pense à plusieurs choses à la fois : partager une expérience sensible plutôt qu'une réflexion, se laisser emporter par une oeuvre dont on n'a pas les clés, essayer de voir d'où elle vient et ce qu'elle nous dit. Thomas Mery sera en concert à Paris les 10 et 13 juin.
Ecouter l'album sur Bandcamp
Une interview éclairante dans L'Oreille Absolue n° 15
Une interview et deux videos, réalisées par Citazine, à voir chez PopNews
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