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The Duckworth Lewis Method – "The Duckworth Lewis Method"

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Posté par Cyril Cossardeaux le 2009-08-04



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De ce premier album né de l’association de Neil Hannon et Thomas Walsh, on a failli écrire qu’il avait davantage été vendu comme le retour discographique du premier (trois ans depuis Victory for the Comic Muse), un peu comme The Last Shadow Puppets a partout été présenté d’abord sur le nom d’Alex Turner (from Arctic Monkeys).
Sauf qu’il eut fallu pour cela que ce disque passe un peu moins inaperçu. Depuis près d’un mois qu’il est dans les bacs, on ne peut pas dire qu’il ait affolé les gazettes. Etonnant, tout de même, pour un projet impliquant Mister Divine Comedy…

Mais justement, évitons d’emblée de limiter ce duo à sa seule moitié la plus connue. Même si l’un est bâti comme une ablette et l’autre plutôt comme un mérou, Hannon et Walsh ont plus d’un point commun : nord-irlandais, à la recherche de la "perfect pop song" (si tant est que l'on considère que l'un et/ou l'autre ne l'ont pas déjà trouvée) et leaders d’un "groupe" se confondant avec leur propre personne. Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de Pugwash. C’est pas bien mais on est mal placé pour vous faire la leçon : jusqu’à il y a environ une semaine, nous non plus ! Et pourtant, pour les amateurs de pop finement ouvragée et nourrie au meilleur de XTC (référence inévitable d’un Eleven Modern Antiquities en partie composé par Andy Partridge), ce groupe est un régal.

Même pour un concept album consacré au… cricket (et l’on se demandait pourquoi ce disque rencontrait si peu d’écho chez nous…), dont une règle, que l’on n’essaiera pas de vous expliquer, donne son nom au duo, l’association Hannon / Walsh promettait donc de beaux sommets mélodiques. C’est le cas, incontestablement, même si, passés les tout premiers morceaux chantés ensemble, nos deux orfèvres semblent suivre leur propre chemin de songwriter, ce qui aurait pu les conduire chacun à une impasse artistique. Au contraire, ils donnent ainsi le meilleur d’eux-mêmes (ou presque : The Sweet Spot, rock un peu bourrin quoique bien balancé pour Walsh, Meeting Mr Miandad et son refrain à la Dexys Midnight Runners pour Hannon, rien de honteux dans les deux cas).

Thomas Walsh & Neil Hannon
Thomas Walsh & Neil Hannon

En cohérence avec son sujet, l’album commence évidemment par le toss et sa courte intro (The Toss Song), très McCartney. Les codes esthétiques immuables du cricket (les organisateurs de Wimbledon, en comparaison, c’est Alexander McQueen) renvoient immanquablement ce sport aux années finissantes de l’Empire britannique ("from Bangalore to Kingston", comme il est chanté dans The Age of Revolution), ces années 20-30 que Hannon a toujours excellé à évoquer (l’une de ses premières chansons était titrée Bernice Bobs her Hair d’après une nouvelle de Fitzgerald), plus précisément ici sur Jiggery Pokery.

Une bonne partie de l’album, assurément la meilleure, balance entre ces deux phares du songwriting made in England que sont les Kinks (pour Hannon) et, assez logiquement, XTC (pour Walsh).
Des premiers, on retrouve un feeling très Village Green sur des compositions comme Gentlemen and Players, où Hannon se lance même dans une imitation assez convaincante du chant nasal de Ray Davies, ou Test Match Special et sa ligne de basse piquée à Picture Book.
Des seconds, on évoquera un Flatten the Hay qui aurait pu sortir du volume 1 (de loin le meilleur) du diptyque Apple Venus, ou un splendide Mason on the Boundary, à vrai dire à mi-chemin entre le groupe de Swindon et le chant délicieusement traînant de Rufus Wainwright.
The Divine Comedy n’est pas si loin pour autant, avec le très beau The Nigthwatchman et ses cordes à la limite du too much, dans la grande tradition des plus belles réussites de Neil Hannon, où se rajoute ici un surprenant mais convaincant intermède musical presque soul.

On ne promettra pas de passer désormais nos week-ends télévisés à regarder UN match de cricket (le plus interminable des sports), ni même d’y avoir vraiment compris quelque chose. Mais, en plus d’avoir passé un délicieux moment musical, on aura probablement humé quelque chose du parfum de ce morceau d’âme britannique. En ce sens aussi, l’exercice aura été profitable, gentlemen.
Et on aura surtout, espérons-le, pris date avec un duo complémentaire qui n’a pas grand-chose à envier à quelques unes des plus belles références pop qui soient : Lennon / McCartney, Partridge / Moulding ou Forster / McLennan…


Le joli clip de Meet Mr Miandad :





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Commentaires
De : Silvergm

Définitivement l'album de l'année 2009 en ce qui me concerne!

De : mr_kenyatta

Après cette parenthèse (dont on aimerait d'ailleurs bien une suite), Neil Hannon revient seul aux affaires avec un nouvel album de Divine Comedy le 31 mai, intitulé "Bang Goes the Khnighthood", le premier depuis "Victory for the Comic Muse", il y a déjà quatre ans.

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